‹ Fièvres de surmenageChapitre 7 sur 56 · Gh. Eloy, loc. cit · texte numérisé non relu

Gh. Eloy, loc. cit

difficilement aux exigences de la science contemporaine, plus facilement aux spéculations de l’hypothèse et de l’imagination?

Quoi qu’il en soit nous sommes forcé de constater que, même aujourd’hui, aucun des grands dictionnaires ne lui a dédié un article spécial. Le mot fatigue n’y figure même pas en dehors de la pathologie musculaire.

Dans le Dictionnaire des Sciences médicales (1) M. Arloing a écrit, il est vrai, une étude intéressante sur le surmenage; mais, c’est celui des animaux employés à l’alimentation qui en fait l’unique objet. Rien n’y a trait au surmenage de nos semblables. Celui-ci pourtant présente un intérêt tout aussi considérable ; c’est là une question très importante pour le clinicien comme pour l’hygiéniste.

On a paru commencer à s’en convaincre depuis une dizaine d’années.

En effet, c’est en 1878 que paraît la première mononographie consciencieuse sur <r la fatigue et sur son influence pathogénique (2).» Elle se présente sous forme de thèse, aussi savante qu’instructive, soutenue par le Dr Carrieu pour l’agrégation en médecine à la Faculté de Montpellier. Dans ce travail l’auteur traite, en une première partie, de la fatigue considérée en tant que phénomène spécial indépendamment du rôle qu’elle peut jouer dans l’étiologie pathologique. Mettant à profit les recherches de la physiologie moderne il les applique à

1. Diction. Dechambre, art. Surmenage. Arloing. T. 13. 3* série.

2. Carrieu. De la fatigue et de son influence pathogêniquc. Thèse d’agrég. 1878 (J. B. Baillière).

l’élude de la fatigue dans les différents systèmes musculaire, nerveux, glandulaire, dans les appareils des sens et dans la sphère intellectuelle. Dans une deuxième partie il étudie son rôle pathogénique.

Ce travail très scientifique a le grand mérite de venir le premier en date. M. Carrieu avant tout autre a attiré 'attention des cliniciens sur des faits éminemment pratiques. 11 leur a tracé la route à suivre et il a formulé, ce nous semble, une proposition absolue, en admettant que la fatigue peut être cause exclusive de maladie. Mais, si M. Carrieu s’attache à la description des différents degrés de la fatigue, à notre avis, il insiste peu (et ce n’était peut-être pas son rôle) sur le caractère infectieux constant dans ce genre de maladies. D’ailleurs les observations y sont en très petit nombre comme dans tout travail neuf et primesautier.

Presque à la même époque, le 24 septembre 1878, le professeur Bouley faisait une communication très importante à l’Académie de Médecine (1) sur cette curieuse histoire de boucher condamné à l’amende pour avoir vendu de la viande de veau corrompue, or, il s’agissait d’un veau en excellente santé qui, échappé de l’étable, s’était livré à une course folle de près d’une demi-heure. Le boucher l’avait abattu de crainte de le voir dépérir à la suite de ce surmenage aigu et c’est celui-ci qui avait été la seule cause de la rapide corruption de sa chair.

Cette communication donna lieu à une « contribution à l'étude du surmenage » par le Dr Fournol (2) dans laquelle

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