Mariage de Figaro, acte IV, scène m
Du contenu de ces feuilles manuscrites deux circulaires-prospectus vont nous instruire. La première est du commencement du xvir siècle (1609) :
La gazette a ini'le courriers...
Elle parle de tout :
De duel-j, de commissions,
De pardons pléniers et de ijulles,
D'ambassadeurs venus en mules...
Puis de nouvelles particulièi^es :
De malheurs, de prospérités...
De larmes en Cour, de piaphes, De morls subites...
Des nouveautés du Parnasse :
Des livres de M. Guillaume...
Des modes :
Nœuds argentés, lacets, écharpes.
Bouillons en nageoires de carpes, Porte-fraizes en entonnoir.
Oreillettes de velours noir...
Bref
Quoique ce soit, rien ne s'oublie.
Car la gazette multiplie Sans relâche les postillons, Vites comme les aquilons*...
L Cité par Hatin, I. 5-2-51.
Notre seconde circulaire est de 1762. Elle a été rédigée par un nouvelliste génial, François Chevrier :
« Ces nouvelles à la main, renfermées dans quatre pages de grand papier (format in-4'^), dit Chevrier, contiennent tous les objets dignes de fixer la curiosité publique ^ »
La feuille doit paraître deux fois par semaine, le dimanche et le mercredi, différant en cela de la plupart de ces correspondances qui étaient hebdomadaires.
Le papier-réclame de Chevrier indique nettement les « trois objets » principaux — les trois grandes rubriques, dirions-nous aujourd'hui — qui s'assimileront les matériaux destinés à la composition de ces gazettes :
« Le premier de ces objets roulera sur les affaires politiques et autres relatives au gouvernement de tous les États de TEurope.
« Le second renfermera les anecdotes courantes, les aventures singulières, les événements plaisants, les soupers fins des agréables de Paris, les contes et les bons mots du jour.
« Le troisième sera purement littéraire. Il contiendra les nouveautés théâtrales et de petites pièces de vers qui n'ont jamais paru-. »
C'est surtout sous l'angle un peu étroit de ces derniers paragraphes que l'on a jugé les Nouvelles à la main : « Répertoire complet des sottises cou-