Bibl. nat. ms. franc
Ces informateurs, ou reporters, remettaient à ceux qui les employaient, ce qu'ils appelaient des « mémoires ». Le « mémoire » est la matière, la documentation sur laquelle travaille le rédacteur. Jean Durieu convient, dans son interrogatoire du lo février 174o, qu'il composait des nouvelles à la main pour Tollot et Felmé sur des « mémoires » que ceux-ci lui faisaient tenir. Ses émoluments étaient de 12 francs par mois'. Depuis, fort heureusement, les honoraires des journalistes ont augmenté. Mais les appointements variaient selon l'importance des « bureaux » et la qualité des rédacteurs. Tandis que Durieu se contentait de 12 francs par mois, Sarazin obtenait mensuellement 15 pistoles — loO livres — environ 500 francs de valeur actuelle^.
A la tête des collaborateurs, le rédacteur en chef, qui rédigeait également des nouvelles. Tollot dit « qu'il composait aussi ses nouvelles lui-même, et qu'il les tirait, soit des gazettes, soit des discours qu'il entendait dire dans la ville, et qu'il les remplissait souvent de ses conjectures et de ses observations particulières ». Car nos publicistes ne sont pas de simples commis, se contentant d'accommoder les informations qui leur parviennent, ils