‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 29 sur 178 · Ilatin, III · texte numérisé non relu

Ilatin, III

Ils avaient des plumes actives, inlassables; ils avaient, en France, par toute FEurope, des milliers de lecteurs; plus que les philosophes, ils ont su remuer l'opinion; beaucoup mieux qu'eux, ils en ont été les fidèles interprètes; et l'heure viendra où ces « folliculaires », comme les appelait Voltaire, se nommeront l'abbé Prévost, l'abbé Raynal, Diderot, Favart, iNlirabeau, Mme de Staël.

Les copistes eux-mêmes avaient des sous-copistes, personnages plus infimes encore. « Monsieur, lisons-nous dans un rapport au Magistrat, le nommé Lemoine, dont vous m'avez renvoyé la lettre, est un jeune homme qui a quelque étude et qui, faute d'emploi, a, depuis dix-huit mois, travaillé aux nouvelles à la main pour le nommé Noël. Il avait assez d'ouvrage pour employer d'autres copistes'. )) Noël donnait à Lemoine 3 Ib. 12 s. pour dix-huit copies; et Lemoine, qui était débordé, avait organisé ce que l'industrie moderne appelle une sous-entreprise. Il faisait exécuter par autrui, à des prix moindres, le travail de Noël, et gardait la différence. C'est une des lois de l'économie sociale : la richesse se tire de la misère qui se laisse comprimer jusqu'à la limite extrême des ressources nécessaires à l'existence.

Nous avons déjà signalé des femmes parmi nos « feuillistes », des gazetières. En voici qui sont chefs de nouvelles. « La nommée Laboulaye, écrit l'inspecteur Poussot, est femme d'un sergent aux

Page 1