‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 51 sur 178 · octobre 17-25, B. A. ms. 10 004, f · texte numérisé non relu

octobre 17-25, B. A. ms. 10 004, f

« Si VOUS jugez néanmoins, écrit-il au lieutenant de police, qu'après lui avoir donné jusques à- mon habit, je doive encore lui céder ma chemise, vous trouverez. Monsieur, par mon blanc-seing, que je prends la liberté de vous envoyer pour en faire tel usage qu'il vous plaira, que je suis soumis à tout, pourvu que je sois débarrassé de l'esclavage d'un crocodile, maître d'employer, suivant les occasions, la souplesse, la malice, le mensonge, les larmes, les caresses et les ris mêmes. »

(Passe encore pour des larmes, mais des caresses de crocodile !...)

Enfin, conclut-il, « je pourrai dire, Monsieur, si je suis si heureux que d'être arraché de ses grilfes, que je suis un homme que vous aurez racheté, à qui vous aurez donné une nouvelle vie ».

Mahudel sortit de la Bastille. Il gagna son procès ; le mariage d'Olympe fut annulé. Le pauvre savant fut enfin débarrassé de cette tunique de Nessus qui l'avait dévoré jusqu'aux moelles.

Retrouva-t-il le calme? On en doit douter, car, un peu plus tard, il donnait sa démission de membre de l'Académie des Inscriptions.

A côté de ces correspondants utiles aux divers cabinets de l'Europe, il en était d'autres, de connivence aussi avec l'étranger, qui répandaient, en

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France même, des idées, des opinions, des nouvelles, dont leurs commettants jugeaient la diffusion favorable à leurs intérêts. Au fait, dans notre xx" siècle, tel ou tel journal n'est-il pas l'interprète attitré — et rémunéré — de l'une ou de l'autre puissance étrangère?

A cet égard, on ne saurait trop insister sur l'importance des déclarations faites par milord Taaffe, ancien membre du Parlement, arrêté en France, à l'époque de la guerre de Sept Ans, comme agent secret du gouvernement britannique K Taalïe avait pris pour collaborateurs des nouvellistes français — dont quelques-uns pouvaient être inconscients du rôle qu'on leur faisait jouer. Taaffe dit que le roi d'Angleterre dépensait annuellement jusqu'à 60 000 livres pour rémunérer, voire pensionner, des Français dans notre pays, déjà rempli de ses émissaires.

On trouve à Paris de ces nouvellistes, amis de l'étranger, dès le règne de Louis XIV, Pierre Girod, par exemple, du pays de Gex. Il était « le gazetier des alliés » ligués contre la France et prônait partout leurs prouesses-. Il n'avait d'autre occupation à Paris, où il menait grand train, que de mander à l'étranger ce qui se passait. Personne n'avait plus de hâte « à établir les mauvaises nouvelles par rapport à la France ; jadis, il imprimait le Mercure de Hollande, en y ajoutant beaucoup du sien dans les réflexions, et il l'envoyait

1. B. A. ms. l-^7-27, et Ravaisson, Archives de la Bastille, XVII, 110-15.

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