‹ Figaro et ses devanciersChapitre 158 sur 194 · B. A. ms. H 282, f · texte numérisé non relu

B. A. ms. H 282, f

secrétaire de Bachaumont et son collaborateur i pour la rédaction des nouvelles manuscrites. Le 2 juillet 1749, il avait été conduit à la Bastille pour avoir récité dans les cafés et les promenades des vers jugés séditieux1. A cette époque, âgé de vingt-deux ans, Mairobert nous apparaît comme un jeune homme épris de littérature et d'indépendance, très frondeur, attaquant les ministres, Mme de Pompadour, le roi lui-même; il est fier de nouer des relations avec les écrivains en renom; il colporte leurs œuvres, dont il lit ou récite des fragments à qui veut les entendre : nouvelliste de Parnasse, poète sans éditeur, auteur dramatique sans théâtre . Il se prend d'une vive admiration pour Rétif de la Bretonne. Quant à sa famille, il la fuit : des bourgeois qui veulent faire de lui un magistrat ou un financier9.

Au café Procope, l'inspecteur d'Hémcry l'a suivi, l'a entendu parler; le 1G juin 1749, il rédige son rapport : « Ce Mairobert est un des garçons qui aient la plus mauvaise langue de Paris3. »

Mouhy le dénonce, de son côté, avec d'autant plus d'âpreté qu'il devine en lui un concurrent. Comme il parlait à Mairobert du danger qu'on pouvait courir à colporter des vers contre le roi et Mme de Pompadour :

« Je n'en cours aucun. Il ne s'agit que d'en ,

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