Ibid
Enfin, dernier point, qui rattache Grimm à nos premiers nouvellistes, il sert de correspondant à la grande Catherine, non seulement pour l'informer de ce qui se passe en France, mais encore pour recevoir de la tzarine les nouvelles qu'elle tient à répandre1. Tels ces feuillistes officieux, dévoués au pouvoir dont ils tirent des honoraires, et que nous avons vus jouer un rôle important au cours de ce récit.
En 1773, au moment de partir pour le voyage circulaire qui devait lui faire visiter les diverses cours de l'Europe où régnaient ses clients, Grimm chercha un remplaçant pour tenir ce qu'il appelait « sa boutique ». Son choix tomba sur un jeune homme, appartenant à une famille patricienne de Zurich, Meister, qui lui servait déjà de secrétaire. Puis, une fois en route, il songea à lui abandonner l'entreprise et Meister prit l'œuvre en mains2.
Au reste on ne laissait pas que de plaisanter ces étrangers, Grimm et Meister, qui venaient en France faire la critique des écrivains français. L'auteur des Nouveaux calotins, opéra-comique représenté le 19 septembre 1760, met en scène la Folie, qui dialogue avec un nouvelliste allemand (Grimm sans aucun doute) :