Bastille dévoilée, VU
la galerie clu Palais, au cloître des Célestins, aux Tuileries, au Luxembourg* et au Palais Royal, facilitait la tâche des nouvellistes à la main. « C'était au Palais, écrit Donneau de Vizé, que venaient chercher des nouvelles les auteurs de la gazette secrète ou, si vous le voulez, de la gazette à la main; mais, comme ils ont vu que Ton les y venait quérir afin de les mener à la Bastille, ils n'y sont plus revenus. J'y en remarquai une fois deux, et j'entendis que l'un disait à l'autre :
« — Allez écouter tout ce que Ton dit à tous les. « pelotons ou bureaux de nouvellistes du bout d'eni « bas, j'écouterai tout ce qui se dit de ce côté-ci1 ».
Nombreux sont les recueils de gazetins du xviii0 siècle — notamment celui qu'on désigne sous le nom de Métra — qui ne sont autre chose que lai collection des propos ainsi récoltés dans les promenades publiques et soudés entre eux tant bien que mal. De là cette similitude du fond, entre ces diverses publications, sous des variantes de forme; le texte n'en a pas été copié d'une feuille sur; l'autre, mais les rédacteurs en ont recueilli la ve*w sion première des mêmes bouches, soit aux Tuileries, soit au Luxembourg, soit aux Célestins2.
Nicolas Mahudel qui, tout en étant docteur en médecine, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et le plus savant numismate de son temps, était un nouvelliste à la main très actif.