‹ Figaro et ses devanciersChapitre 30 sur 194 · Nouvelles nouvelles, III, 28G-S · texte numérisé non relu

Nouvelles nouvelles, III, 28G-S

2. Sur toute cette organisation voir les Nouvellistes, 2e éd.. Paris, 1 in-16.

allait chercher ses anecdotes au Palais, au cloître des Cordeliers (où se groupaient des nouvellistes à la bouche d'opinions très avancées), et tous les dimanches, chez le président Rolland, qui recevait, ce jour-là, nombre de personnages de considération et venus des milieux les plus divers *.

Et c'est ainsi que, réduits à leurs seules forces, nos nouvellistes ne laissaient pas que d'être souvent bien « avertis ». Le mot leur est appliqué par Torcy.

Outre les nouvellistes « à la bouche » ou « nouvelliants », comme on les nommait plus particulière- Iment, qui se réunissaient dans les promenades I publiques, les nouvellistes à la main, c'est-à-dire les ■ nouvellistes proprement dits, comptaient de précieux Auxiliaires dans le monde de la livrée. Les laquais se tenaient aux écoutes, tout en servant à table, out en introduisant les visiteurs chez monsieur le Jointe ou chez monseigneur l'Intendant; les portiers prenaient note des personnes qui entraient : sources ^informations si importantes que nous verrons des mreaux de rédaction installés dans des loges de •oncierge. Et qu'en résultait-il? L'abbé Dubois, lurant son ambassade à Londres, en 1717, écrivait u Régent :

« N'est-ce pas une chose monstrueuse que cette tireur contre l'affaire qui se traite actuellement? lie suis dans le dernier étonnement, quand je vois u'on fait des assemblées sur une négociation,

) f 1. Paul d'Estrce, les Tribulations d'un académicien, les Procès de Xicolas y'ahudcl, Paris, 1897, in-8 (ext. de la Correspondance historique) p. 15-16

comme sur la constitution Unigenitus, qu'on lit des mémoires (nouvelles à la main) clans les maisons, qu'on en publie dans les rues, et qu'on commet un intérêt de cette importance au caquet de tout le monde. En vérité, Son Altesse Royale est trop trahie; tout ce que je lui écris dans mes dépêches transpire au point que tout ce qui peut être nuisible à ses affaires roule dans Paris et puis voyage i jusqu'à Madrid1... »

Autre source d'informations, le reportage; car nos compagnons Font connu dès le xvne siècle.1 En 1670, La Reynie interroge Seubert de Bostal,] à la Bastille :

« J'ai des hommes, répond le prisonnier, qui viennent m'apporter chaque jour leur récolte dei nouvelles; je paie l'un cinq livres par mois, l'autre j quarante sols 2. »

Tollot dira pareillement : « Je tenais les nouvelles' de Paris des différentes personnes qui, des églises, ! des cafés, me rapportaient tout ce qu'elles entendaient dire par la ville3 ».

Le chevalier de Mouhy, « fameux nouvelliste ». « met les gens en campagne pour entrer dans les bas détails4 », et nous voyons ceux-ci se mêler i la foule pour en rapporter les on-dit et, dans leur

Page 1