‹ Figaro et ses devanciersChapitre 5 sur 194 · Noailles, Mme de Maintenon, I · texte numérisé non relu

Noailles, Mme de Maintenon, I

3. Les Jeux d'esprit, par Mlle de la Force (éd. du marquis de la Grange, Paris, 1862, in-12), p. 37. — Cf. Sainte-Beuve, Lundis, éd. de 1752, III, 174.

ienjouée? Mme de Sévigné écrit pour un nombreux auditoire, d'où le détail suivant qui revient dans les lettres d'alors. En vedette apparaissent parfois ces mots : « Lisez bas » ; c'est-à-dire : « Gardez pour vous seul ce qui va suivre et passez-le quand vous (donnerez lecture de mon épître à haute voix i ».

Aussi nos séduisantes gazetières désiraient-elles qu'on appréciât la qualité de leurs informations, plus encore que le charme de leur style; ce qui produisait entre elles de petites jalousies professionnelles. L'agréable liaison de Mme de Sévigné et de Mme d'Huxelles n'y résista pas.

« La marquise d'Huxelles, écrit sa concurrente, reprend, tous les ordinaires, les nouvelles qu'elle i mandées : appelle-t-on cela savoir ce qui se passe? »

Savoir ce qui se passe! n'est-ce pas là le secret de es menues comédies mondaines qui ne se comprendraient plus aujourd'hui? Arimont a des amis shez lui. Un domestique entre et lui remet une lettre. A peine en a-t-il pris connaissance, qu'Ariste e prie de la lui montrer, « disant qu'il devait y ivoir des nouvelles dedans2 ».

De là l'empressement affairé de ces corresponlants, en quête d'informations fraîches et intéressantes, — on sait la lettre classique de Mme de Sévigné, — qu'ils adresseront à parents et amis. Ils s'accrochent aux basques de ceux qui pourraient

1. Ed. de Barthélémy, les Correspondants de la marquise de Balleroy,

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