‹ Figaro et ses devanciersChapitre 6 sur 194 · I, ]). LXVIII · texte numérisé non relu

I, ]). LXVIII

•J. [Donneau de Visé', Xoiirelles nouvelles, éd. Ribou, 1663, II, 216-17.

être capables de les documenter, les saisissent par les boutons de leur veste ou par les aiguillettes de leur justaucorps, pour ne les lâcher qu'après les avoir interviewés à fond. Importuns de qui l'obsession est infatigable; telles les mouches bourdonnantes dans la chaleur de Tété : à peine les a-t-on chassées qu'elles sont de retour1.

L'un d'eux arrête Straton dans la Galerie du Palais : « Il me demandait des nouvelles pour écrire à la campagne. Je lui dis que j'en savais beaucoup, et comme il craignait d'en oublier une partie, il me pria de les lui dicter dans une boutique du Palais2 ».

C'est ainsi que tout individu bien informé devenait personnage d'importance. Mme d'Huxelles est tout miel pour des gens de rien, du moment où ils peuvent la renseigner; pour ce Bartet, par exemple, fils d'un paysan béarnais, qui avait été compromis dans de louches aventures et que le duc de Candale avait fait bâtonner; mais Bartet « sait l'histoire des jours de la Cour, comme s'il en avait le journal en main ».

Des écrivains estimés tiennent salon à cette intention, afin de documenter leur correspondance. Ils font causer leurs hôtes, puis envoient en divers lieux des lettres bien écrites et bien informées. Les Ménage, les Chapelain, les Cotin, tenaient ainsi salon ou bureau de reportage, et leur correspondance devenait — sans jeu de mots, ou avec jeu de

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