‹ Figaro et ses devanciersChapitre 7 sur 194 · Ibid., III · texte numérisé non relu

Ibid., III

mois, comme il plaira — le facteur le plus sûr de leur réputation.

Voici, d'autre part, des familles où se crée un vrai service d'informations, parmi les parents, les amis, les obligés, voire les serviteurs. Tout y est établi, réglé, la périodicité y est fixée d'une manière rigoureuse. Ce sont des agences de nouvelles. Les lettres deviennent de vraies gazettes. Aussi bien, ce terme même, les correspondants ne laissent pas de remployer pour désigner leurs missives.

De Paris, le 9 octobre 1639, Chapelain écrit au marquis de Montausier, en Alsace : « Monsieur, voici la rente que je vous dois toutes les semaines ». C'est la régularité du périodique. Puis le chantre rocailleux de la Pucelle déplore que, par la faute de l1 « ordinaire », qui part précisément la veille du jour où il parvient à rassembler ses nouvelles, « celles-ci lui moisissent sept jours entre les mains ».

« Vous voyez, ma belle dame, écrit l'abbé Galiani à Mme d'Épinay, que, de ma profession, je suis gazetier1. » Coulanges à Mme d'Huxelles : « Je ne demande pas mieux que d'être votre gazetier ». Pareillement Mlle de Launay compare sa correspondance à une « gazette »2; quand et quand Voltaire; et la princesse de Beauvau, une très grande dame, ne craint pas de se dire « nouvelliste »3.

1. Naples, 23 janvier 1773. — L'abbé Galiani, sa correspondance, par Lucien Perey et G. Maugras, II, 163.

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