‹ Figaro et ses devanciersChapitre 68 sur 194 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

prospérité de sa propre boutique, Rosnay indique cependant le vrai moyen d'entraver les fausses nouvelles répandues par les gazetins : favoriser la circulation des seuls manuscrits — les siens naturellement — qui se montreraient toujours de bon aloi1.

Le gouvernement de Louis XIV, lassé par la ténacité de ses infimes adversaires, semblait se résigner à suivre ces avis, quand, en cette même année 1706, éclata un véritable scandale, l'affaire des nouvellistes-postiers.

La police venait de découvrir un groupe de nouvellistes qui tous étaient commis à la poste. Ils étaient chargés d'expédier les correspondances privées; et, grâce aux procédés pratiqués par le ministre des Affaires étrangères Torcy, qui « avait le secret des lettres » — le mot est charmant — ils retenaient, eux aussi, le secret des lettres. Torcy le communiquait à Louis XIV et nos commis à leurs clients. Et ils se répartissaient la besogne, selon le service dont chacun d'entre eux avait l'attribution. Barbier, qui taxait les correspondances pour l'Alsace, la Lorraine et le Brabant, pour les armées de Flandre et d'Allemagne, en tirait les « mémoires » les plus intéressants concernant ces provinces et les opérations de nos armées ; Gavois, manipulant les dépêches à destination du Languedoc, de la Provence et du Dauphiné, complétait, le plus heureusement du monde, les mémoires

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