‹ Figaro et ses devanciersChapitre 69 sur 194 · P.. A. ms · texte numérisé non relu

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de son collègue — les autres à l'avenant. L'un d'eux, Charles Faucon, déclare que tous les employés de la poste faisaient le métier de nouvellistes. Ils se communiquaient leurs « mémoires » et échangeaient leurs impressions « dans les embrasures des fenêtres ». Vivant tableau.

Cette belle organisation avait été créée par M. de Froncé lui-même, « le maître des lettres du service », qui devint ainsi « chef de nouvelles ». Dans son bureau, où se faisait le départ des correspondances, il avait toujours une chandelle allumée sur sa table, le système du cabinet noir1. Froncé dictait les nouvelles à haute voix aux deux commis qui travaillaient dans son bureau, et, s'il s'en trouvait par hasard quelque autre qu'y appelait son service, il le contraignait à « baisser les yeux, en le fixant ». Froncé faisait ensuite recopier les feuilles par ses subordonnés. L'un d'eux, Chevalier, « chargé de la route de Normandie », les cachetait et les expédiait. Pour donner plus de saveur à leurs gazetins, nos postiers les agrémentaient des mille bruits qui couraient Paris, ils y glissaient la chanson nouvelle, des portraits satiriques, de petits vers contre les personnages en vue, voire contre Louis XIV et Mme de Maintenon ; ils y inséraient l'épigramme du jour :

« Varus, rends-moi mes légions »,

S'écriait autrefois Auguste ;

« Tallard, rends-moi mes bataillons »,

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