‹ Figaro et ses devanciersChapitre 8 sur 194 · Œuvres de Mme de Staal (Mlle de Launay), I · texte numérisé non relu

Œuvres de Mme de Staal (Mlle de Launay), I

3. Souvenirs de Mme la princesse de Beauveau (Paris, 1872, in-8), p. 23.

Parmi ces services d'informations, celui que la marquise de La Cour de Balleroy organisa au commencement du xvme siècle peut être cité comme un modèle.

Caumartin de Boissy, frère de la jeune femme, fait d'elle un portrait malicieux : « Laissez-moi vous dire que, sur vos deux épaules, vous portez une tête aimable par l'esprit et par la figure, mais d'une humeur quelquefois un peu aigrelette ».

Du moins, quand il s'agissait de recruter des correspondants aptes à récolter des nouvelles, d'entretenir leur zèle, de stimuler leur ardeur, l'humeur aigrelette s'évaporait : on ne trouvait plus chez la jolie marquise que grâces et câlineries.

Celui pour qui Mme de Balleroy a peut-être une secrète préférence, c'est son frère. Avec quelle impatience elle attend chaque semaine la lettre toute piquetée de « petits pieds de mouches », que Boissy s'est engagé à lui envoyer! Il est un « reporter » parfait1. « Quoique la qualité de gazetier impertinent n'ait rien de bien éminent, écrit-il à sa sœur, tout ce qui peut me rendre nécessaire auprès de vous, m'est très précieux. »

Outre ses autres frères, Mme de Balleroy met à contribution ses neveux, parmi lesquels les deux

1. Ed. de Barthélem}', les Correspondants de la marquise de Balleroy,

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