Interr. de R. Noël, 15 févr. 1745. B. A. ms. Il 5J
ceux de leurs confrères qui, impatients de tout contrôle, s'en affranchissaient, à leurs risques et périls, étaient nommés les « nouvellistes de contrebande », ou, les « contrebandiers nouvellistes »; ou bien encore les « faux nouvellistes1 ». Ceuxci prirent-ils trop d'importance, firent-ils éclater quelque gros scandale ou plutôt, devant les difficultés que multipliait la guerre de la Succession d'Autriche, le gouvernement jugea-t-il nécessaire de tarir toute source d'information pour l'étranger? — toujours cst-il qu'au mois de mai 17-42 2, le commerce des nouvelles, même autorisées, fut brusquement interdit. Marville dut suspendre corrections et visa, et s'occuper de poursuivre ses anciens collaborateurs, les nouvellistes assez hardis pour continuer leur industrie. Quelques-uns d'entre eux furent jetés à Bicêtre, puis, à leur sortie, exilés de Paris; les autres se cachèrent, cessèrent d'écrire, momentanément toutefois, car, dès 1743, les nouvelles sont rétablies.
Mais immédiatement aussi reparaissent les abus inséparables de ces gazettes clandestines. Barbier les signale en son journal3.
Durant cette guerre de la Succession d'Autriche, on vit s'exalter en France, et dans toutes les classes, les idées patriotiques. Les feuilles des « autrichiens » font scandale, et le lieutenant de police doit remettre ses agents en campagne. Il