‹ Figaro et ses devanciersChapitre 82 sur 194 · B. A. ms. 12 238, f. 308 y · texte numérisé non relu

B. A. ms. 12 238, f. 308 y

•2. Rapport du 11 ievr. 1713, B. A. ms. 11544, f. 446.

aux gardes Bouville, et, à l'occasion, portait son nom. Elle commença naturellement par faire de son sergent un nouvelliste, ce qui le conduisit à Bicêtre en 1741. Pour implorer l'élargissement de son prétendu mari, la belle se rendit à la lieutenance de police, d'où elle fut renvoyée chez l'exempt Dureau, qui avait opéré l'arrestation. Comme elle y vint souvent, toujours pour solliciter la liberté de Bouville, « elle s'aperçut que le fils dudit Dureau se soumettait avec peine à la discipline paternelle. Elle le plaignit beaucoup et ensuite lui conseilla de quitter son père, l'assurant qu'il ne manquerait de rien, lui promettant de lui faire gagner dix écus ; par semaine * ».

Geneviève avait de grands yeux noirs, elle, avait i une voix qui persuadait; elle était gaie, bonne-fille, ■ belle fille, dix écus par semaine c'était Pindépen- § dance : le jeune Dureau, qui avait dix-neuf ans, suivit la jolie nouvelliste et devint nouvelliste à ■ son tour, sous le nom de Grandmaison 2. Rambaud apprit l'aventure et Geneviève eut toutes les peines du monde à l'empêcher de la mettre dans sa gazette : faire un nouvelliste du propre fils de l'exempt chargé d'arrêter les nouvellistes — quel fait divers!

A transcrire des feuilles de nouvelles, Dureau ias fils, dit Grandmaison, coula neuf mois d'un bonheur sans pareil. Rambaud ne le laissait manquer de rien : Geneviève était belle, gracieuse, elle était

1. Rapport de Poussot, 27 févr. 1744, B. A. ms. 11544, f. 232-33.

Page 1