Rapport de Poussot, 10 février 1744, ibid., f
vrit pas la cachette de Tollot. « Il a dit lui-même que, si on les eut trouvées, il aurait tué ces Messieurs. Quelqu'un lui a dit que, tout mauvais qu'il était, il avait affaire à un petit homme qui n'était pas trop aisé (le commissaire de Rochebrune). Il a répondu qu'il ne lui faisait pas peur et qu'il se ferait jour au travers de son ventre et de dix comme Poussot1. »
Puis ce fut le tour de Bureau le fils. Son père, l'exempt, déploya en cette circonstance le zèle qu'on imagine. Sarazin fut arrêté, le 30 mars 1744, avec une bande de collaborateurs2.
Malgré leurs trahisons réciproques, les nouvellistes mirent sur les dents, pendant quatre mois, les plus fins limiers de Marville. Encore la police en laissa-t-elle échapper.
C'était à qui lutterait de ruse et d'adresse. Quelques nouvellistes avaient jusqu'à trois ou quatre logis différents en des quartiers éloignés les uns des autres, et qu'ils occupaient sous divers noms3. Louis Colson « couchait toutes les nuits au jardin du Luxembourg, afin qu'on ne fît pas de perquisition clans sa chambre4 ».
La police parvient-elle à mettre la main sur l'une de ces distributrices, qui allaient portant les paquets de nouvelles dans de grandes poches, cachées sous leur chemise3, la prisonnière est incapable de
1. Rapport do Poussot, 6 août 1744, B. A. ms. 11 544, f. 413.