‹ Figaro et ses devanciersChapitre 97 sur 194 · Lettre à R. Hérault, 30 juin · texte numérisé non relu

Lettre à R. Hérault, 30 juin

2. Lettres à Mme la Présidente do Bernières et à Thiériot, 1 et 20 juillet

3. Paul d'Estrée, le Chevalier de Mouhy, dans la Revue d'hist. littéraire, année 1897, p. 197 sq.

qu'il nous lut. Le premier article marquait que l'Électeur Palatin avait écrit à l'impératrice mère que l'archiduc, son fils, serait bientôt élu empereur s'il voulait renoncer à l'Espagne. Le chevalier de Larivoire alors s'écria :

« En vérité, l'Espagne nous fut toujours funeste!... »

Et la discussion de continuer1.

Et cette curiosité , très légitime en somme , se doublait d'un motif impérieux pour le commerçant, l'intérêt de ses affaires. Prenons pour exemple cette partie si importante de l'industrie parisienne, la toilette. En 1714, les coiffures basses remplacèrent, du jour au lendemain, les cornettes à trois étages, sur un mot du roi 2 : quelle bonne fortune pour la modiste instruite la première du désir exprimé par Louis XIV! « La reine, observe Mercier-, est l'arbitre de la mode; son goût fait la loi ». P»avaisson en fait la remarque : « On prétendait imposer silence sur les affaires de la Cour et de Paris ; c'était ce qu'il importait de savoir pour un négociant. Le souverain et ses favoris faisaient varier les modes à leur gré. Les marchands avaient tout intérêt à être informés du caractère de ces dames et des vicissitudes de leur crédit, et c'est ce qu'ils trouvaient dans ces bulletins 4 ». Ceux-ci se répandaient par toute la

1. Mémoires inédits du comte do Gabalis, collection particulière. •2. Edm. et J. do Concourt, la Femme au XVIIIe siècle, éd. in-1, p. 26S| 3. Tableau de Paris, chap. xv. i. Ravaisson, Archives île la Bastille, VII, iij.

Franco. « Bien que nous fûmes en province, écrit Mme d'Oberkirch, nous étions fort au courant des modes et des nouvelles de Paris. Plusieurs de nos amis nous envoyaient des bulletins suivis et de véritables gazettes1. »

Les négociants entretenaient des nouvellistes à Lyon et à Marseille pour les renseigner sur le mouvement des affaires; les grands seigneurs fixaient les leurs à la suite des armées, voire, comme le marquis d'Argenson, à la suite des troupes légères qui poursuivaient les Mandrins'2.

Au point de vue même de la réclame, nos gazettes à la main ne laissaient pas que de rendre des services à leurs lecteurs. Stanislas Poniatowski écrit à Mme Geoffrin :

« J'ai trouvé, dans le numéro 7 des nouvelles manuscrites que vous m'avez procurées, que le sieur Saint-Simon, habile mouleur, fait, à un louis pièce, des copies en plâtre d'un buste parfait de Voltaire... envoyez-moi une de ces copies en plâtre, je vous prie3. »

Un trait de la vie de ce même Voltaire indique

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