PROLOGUE. i
CADET
Faites jouer ce rôle à Mamselle Toinetle.
Mfn^ VARLOPK.
A ma nièce ?...
BADIGEON
Qui n'a pas vingt ans
M">^ BADIGEON
Eh bien / elle se grimera... je me suis bien gtimée l'autre jour. "
CADET
Si vous voulez, je lui ferai répéter son rôle.
M™«. VARLOPE, te n'est pas la peine ; occupez-vous du vôtre.
VARLOPE
Oui , jeune homme : d'ailleurs , il serait plus décent que ma lemme jouât Marceline.... et que...
M'ne. VARLOPE.
Moi Monsieur, y songez-vous .? Voilà bien un compliment de mari.
VARLOPE
Ce n'est pas un compliment.
Moie. VARLOPE.
Que Madame Badigeon cède son rôle : elle y est ridicule; tt loânette sera beaucoup mieux dons Suzanne. M'"*^. BADIGEON.
Qu'appellez-vous ridicule :' ridicule vous-même. Air : Le briquet fmppe la pierre.
Vous, qui jouez la Comtesse, Certes, vous vous oubliez, Quand bonneuieul vous croyeï Avoir asscA de noblesse.
M™^ VARLOPE
Laissez l.i voire babil.
Su7anue, rôle subtil , A votre âge convienl-il?
M""*. BADIGEON
On peut jrucr à tout âge Lorsque l'on a du talent.
M"»^ VARLOPE
Quand on en a ^sûrement; Mais le vôtre déuiénagc.
i LES COMEDIENS BOURGEOIS,
VARLOPE
Les femmes , dans ce pays , Sont bonnes comme à Paris.
BADIGEON » en colère.
Voulez-vous que ma femme se laisse dire Ues sottises?
VARLOPE
Du tout , voisin ; mais....
BADIGEON, en colère»
Même air.
Monsleui- Tarlope , vous-même , Qui jouez. Almaviva , Comme ce rôle vous va !
Voub èles petit et blême.
VARLOPE
Sur vous , balourd Figaro , Le public criaut baro , Va vous réduire à zéro.
BADIGEON
Monsieur , un pareil langage , Ici ne vous sied pas bien.
Car je suis votre doyen.
CADET , aux Femmes.
Ils vont se taper , je gagr .
M•"^ VARLOPE et M'"^ BADIGEON.
Les acteurs , dans ce pays , Sont aussi bons qu'à Paris.
( 'Elles sortent. )