ARMAND SILVESTRE
Avant de se vouer exclusivement à la lune, M. Armand Silvestre débuta dans la carrière poétique en louant les étoiles. Il en parla en fort bons termes ; cela lui valut d'être du Parnasse : il méritait bien cela, et il le prouva par la suite. Il est maintenant un de nos derniers fabricants de vers, et nul ne le vaut pour démontrer que les vieux décors sont encore bons quand on sait les retaper, que les figures de rhétorique sont éternellement les mêmes et que jour rime toujours avec amour.
Cependant, si cette aptitude le recommande aux gens en quête d'épithalames et aux clubmen désireux de se fournir de madrigaux ; si elle le désigne pour occuper cette échoppe d'écrivain public que feu M. de Banville destinait aux derniers parnassiens, elle est insuffisante à justifier s;i renommée. Le prosateur l'explique.
Si Ton en croit M. Silvestre, il est le représentant de la gaîté gauloise, il en est même le Gaudissart. Il est l'héritier de l'esprit français ; il incarne le génie de la race et. si j'ai cru comprendre, il fait du dieu Crépitus le dieu national. Conteur ou versificateur. M. Silvestre est un homme essentiellement joyeux, et, s'il soupire hebdomadairement en quelque quotidien, ce ne sont certes point soupirs lugubres