‹ Figures contemporainesChapitre 24 sur 58 · JULES LEMAITRE · texte numérisé non relu

JULES LEMAITRE

prochàt pas la lourdeur, et il est entré dans les lettres comme dans un cirque, coiffant la perruque du clown, qui n'a pu faire oublier le bonnet du professeur.

Cependant, malgré sa bonne volonté, M. Lemaître retarde ; il est Parisien comme on l'était au temps du légendaire Roqueplan, il a appris le monde dans les romans de Balzac, et il a des allures déjà un peu vieillottes, comme on en avait il y a cinquante ans. Il affecte le dandysme, qu'il confond parfois avec le snobisme, mais sans intention, car il est fort malin, en même temps que très naïf. Il redoute rémotion, parce qu'il la croit vulgaire, et s'adonne au scepticisme qui lui semble distingué ; en cela encore est-il démodé, et il adopte des modes oubliées, par impuis-

sance peut-être à en inventer d'autres.

En critique, M. Jules Lemaître s'est gardé du dogmatisme. Il a appelé M. Brunetière « un Nisard moins aimable et moins élégant », et il n'a pas voulu mériter un tel reproche ; du reste, l'élégance est son souci, plus que la bonne foi, et il aime mieux sans doute les salons des caillettes que la chaire professorale. Il pratique avec adresse cette sorte de critique, inconsistante et autodidactique, fort goûtée jadis, et dont le but était surtout de faire connaître le critique.

Feu Jules Janin s'adonna fort à ce genre, il y excella même; il en transmit les secrets et la méthode à M. Sarcey. et celui-ci, n'en pouvant faire usage, les confia à M. Lemaître, qui les rapporta au

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