ANDRE THEURIET
Il y a quinze ans, plus peut-être, M. André Theuriet représenta en France la littérature forestière qui jusqu'alors nous manquait. Il fît, à cette époque, quelques livres que parfumait l'odeur des sapins et des mélèzes et dans lesquels passaient des jeunes filles sauvages et fraîches ; nul ne se souvient plus de ces œuvres de début et M. Theuriet paraît avoir été un des premiers à les oublier.
De forestier il est devenu confiseur et, des baies un peu âpres qu'il avait cueillies
dans les buissons et sur les haies, il s'est empressé de faire des confitures pour la Revue des Deux Mondes. Cet avatar n'a pas été heureux et M. Theuriet n'y a rien gagné, du moins en considération littéraire.
Il est désormais de ces heureux qui n'ont pas d'histoire, de ceux qui n'excitent ni l'amour, ni la haine, ni même l'envie : c'est un écrivain vague et sans consistance, dont les romans sont ternes, les idées vagues et le style gélatineux. Il a été poète — peut-être l'est-il encore, — il a fait partie de ce troupeau d'orphéonistes, arrièregarde du Parnasse, qui a à peu près dégoûté notre temps de la poésie, mais ses vers ne sont connus de personne, pas même des petits oiseaux qu'il a chantés. Critique, il