Àa Journal des Débats
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rial pour y défendre la nouvelle Constitution, dont il étail l'inspirateur. «
On connaît les motifs qu'il a donnés de ce revirement dans ses Mémoires sur les Cent-Jours : Slsoler de Bonaparte après la disparition des Bourbons, c'était exposer la France à trois chances également désastreuses : la dictature militaire, la contre-révolution, Tasservissement par l'étranger. Il fallait, pour conjurer ces périls, se réunir au gouvernement nouveau et le limiter en l'appuyant. « Ce n'était pas un faible sacrifice pour des hommes qui avaient résisté à Bonaparte ou du moins s'étaient éloignés de lui durant treize années. »
M. de Loménie, qui n'est pas suspect d'hostilité pour la mémoire de Benjamin Constant, l'a condamné d'un mot sans réplique : « Tout cela peut assurément se soutenir; mais... il est des cas où la forme emporte le fond, il est des mots qui engagent tellement que, lorsqu'on les a prononcés, on s'interdit toute possibilité de rétractation... »
Il paraît donc certain que Benjamin Constant écrivit son fameux article des Débats soos Yzir
^uilloD de sa (lassioD, et avec rardent désir de se mettre au premier rang, en pleine lumière, de sortir des misères obscures où il se consumait, de jouer un rôle, afin de se distinguer et de se rehausser aux yeux de celle qu'il aimait, et d'éclipser ses rivaux : s(Ht que, Bonaparte perdant la partie, (chose alors peu probable), il dût être récompensé de son zèle par les Bourbons; soit que, Bonaparte ayant réussi, il dût être proscrit, persécuté (rôle qu'il a toujours aimé), et, dans les deux cas, intéressant. C'est un coup de tête, un entraînement de joueur, qu'il expie encore aujourd'hui.
Certes, on ne peut l'accuser pour avoir soutenu les Bourbons jusqu'au dernier moment. Eux disparus, on a pu lui pardonner encore, à lui dont le libéralisme ne s'était jamais enchaîné à telle ou telle forme de gouvernement, de s'être retourné vers Napoléon, qui devenait la seule ressource du pays de la Révolution contre la Sainte- Alliance, et dont l'intérêt était d'établir un régime constitutionnel. On a pu expliquer, excuser, défendre même sa conduite politique dans cette crise ; M. Laboulaye l'a fait avec éloquence :
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« Son crime, c'est d'avoir voulu se servir tour k tour des Bourbons et de Bonaparte pour fonder la liberté. Il a soutenu les Bourbons constitutionnels, il a combattu les Bourbons contre-révolutionnaires et alliés de l'étranger comme il a combattu le despotisme impérial et soutenu Napoléon se proclamant le défenseur de la liberté *. »
Mais ce qu'on a le droit de reprocher à sa mémoire, c'est de s'être laissé entraîner, dans une heure d'exaltation et sous l'empire de sentiments tout personnels, à des déclarations qu'on ne lui demandait pas, qui ne lui permettraient pas de rester libre, et qui devaient rendre ses devoirs de patriote incompatibles avec sa dignité; et c'est, après s'être « traîné d'un pouvoir à l'autre », de s'être traîné encore de l'autre à l'un.
Ce n'est pas la seule fois, d'ailleurs, que les femmes eurent une influence trop visible sur sa vie publique : madame de Staël fut bien pour quelque chose dans sa conduite à partir du Consulat, et c'est auprès d'elle encore que, du fond de l'Allemagne, il écrivait, le 31 décembre 1813,