SAINT-MARC GIRARDIN
M. Saint-Marc Girardin, avait débuté au Journal des Défiais par un article sur les troubles de la rue Saint- Denis en 1827. Cet article produisit une vive émotion. C'était l'âge d'or de la presse que ce temps-là! Depuis cette époque, que d'articles ont été publiés par M. Saint-Marc Girardin lui-même, sans obtenir le même succès, et sans valoir à leur auteur la même notoriété, le même crédit, les mêmes avantages de toutes sortes dans le monde politique et dans le monde littéraire! A la vérité, ce fameux début avait eu lieu à une époque où l'opinion libérale était dans tout son élan. Plusieurs combattaient la Restauration, sauf à regretter plus tard de l'avoir renversée. M. Saint-Marc Girardin partagea la fortune de ses idées et de ses amis. Après 1830, il se trouva au premier rang des créatures du nouveau pouvoir, et les faveurs ne tardèrent pas à pleuvoir sur lui. Dans cet heureux temps lejournalisme faisait partie des Belles- Lettres, et les Belles-Lettres menaient à tout, à la Sorbonne d'abord, à l'Académie française ensuite, et enfin à la Chambre des députés. M. Saint-Marc Girar-
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diri fit partie de tous ces grands corps littéraires et politiques; et dans toutes ces compagnies diverses, il joua ce rôle secondaire, mais non effacé, que l'on réserve aux grandes et pompeuses utilités, comme il savait être. C'était un homme de second et même de troisième plan. Un vieux fonds de sincère libéralisme sous un vernis brillant; des convictions qui ne résistaient à rien, si ce n'est à l'instinct de la conservation quand même, avec une certaine allure d'indépendance à l'occasion, et quand il n'y avait nul péril ; une sorte de prud'hommie d'artiste rachetée par des airs de majesté bourgeoise : tel était le bagage de M. Saint- Marc Girardin. Comme professeur, il avait touché à une infinité de questions, en abordant le magnifique sujet des passions humaines dans l'antiquité et dans les temps modernes. Son cours, assez suivi à toutes les époques de sa carrière professorale ne déplaisait pointa la jeunesse. Elle se sentait émoustillée par les pointes d'ailleurs bénignes d'un maître qui n'aurait aimé à faire aucun éclat, mais qui ne dédaignait pas de paraître hardi et piquant à sa manière. Gomme journaliste, il a été longtemps « l'une des plumes les plus autorisées » du Journal des Débats. Dans sa polémique, il ne montrait nulle passion, mais une attention soutenue à dire avec autorité des choses qui n'en comportaient point. Son style poli et recherché n'était pas sans charmes dans les matières politiques, et il abordait avec une certaine coquetterie les questions qui lui étaient familières, telles que l'excellence indiscutable du régime représentatif, les afiaires de Grèce et de Syrie et quelques autres sujets qu'il s'était réservés. Au demeurant, notre coftl'rère avait vu passer dans la presse, loin de lui comme de plus près, bien des écrivains auprès desquels il n'aurait pas osé se ranger; et sa vieille réputation, à laquelle il ne