‹ Figures disparuesChapitre 4 sur 38 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

quelles un homme d'une sincère modestie ne peut nourrir la pensée de se ranger, ce ne sont pas les peintres de portraits qui décident des jugements de l'histoire. Toutefois, ce qui n'est défendu à personne, c'est de chercher, si humble que l'on soit, à dire ce que l'on croit la vérité, en ne s'écartant jamais des règles delà justice et des convenances oratoires. C'est là tout le mérite de ce livre, s'il en a un.

Qu'il me soit permis de rapporter ce mérite, sans en distraire pour moi la moindre part, à la haute et pure inspiration qui a donné naissance au journal la République française/je\eux dire à l'intention parfaitement réfléchie et commune à tous ses fondateurs de travailler ensemble à l'éducation intellectuelle et morale autant qu'à l'instruction politique et sociale de la démocratie républicaine.

Quand, au mois de novembre 1871, peu de temps après sa rentrée dans l'Assemblée de Versailles, notre grand et à jamais regretté Gambetta réunit autour de lui ceux de ses amis déjà connus pour avoir écrit dans la presse opposante sous le second empire, et qui l'avaient entouré pendant cette période héroïque de travail et de patriotisme que l'on appelait alors la Dictature de Tours et de Bordeaux, et quand il leur proposa de fonder avec lui, sous ses auspices et sous sa direction, un journal d'union et de réconciliation, dont la tâche principale serait de travailler à la fondation de la République, il trouva des hommes aussi convaincus qu'il l'était lui-même de la nécessité de fonder la République sur l'éducation du peuple, et, pour y parvenir, de reprendre, en l'accommodant à des besoins nouveaux, avec l'ancienne tradition du journalisme sans signatures, c'est-à-dire du journalisme impersonnel, les habitudes de la presse de discussion et de controverse, de la seule presse qui puisse tout ensemble

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