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AVANT-PROPOS. IX

associer un parti à une œuvre générale et concourir à l'éducation quotidienne de chacun de ses lecteurs.

Sous l'empire de cette idée juste et féconde, chacun de nous se mit à la besogne. J'ai eu l'honneur alors d'être choisi par mes collaborateurs et amis pour être en quelque sorte le lien de leurs travaux, et j'ai fait tout ce qui dépendait de moi pour être digne de cet honneur. J'ai beaucoup écrit dans l'intérêt de ma cause et pour servir mon parti; je n'ai rien écrit qui, dans ma pensée, ne dût servir à cette éducationintellectuelle et morale, sociale et politique de la démocratie républicaine qui était à cette époque et qui reste encore mon idéal de journaliste.

Pourquoi ne le dirais-je pas?

J'ai voulu enseigner aux miens, à ceux dont je n'ai pas cessé un seul jour de défendre les droits et les intérêts, à ces hommes du peuple dans le sein duquel je suis né et j'ai grandi, à ces parvenus des nouvelles couches sociales dont l'avènement à la vie publique a été salué avec une si haute raison politique et tant d'émouvante éloquence, j'ai voulu leur apprendre sur les hommes et sur les choses de notre temps tout ce que j'avais appris pour eux, depuis que j'avais l'âge de raison et que je comprenais mes devoirs d'homme et de républicain. Voilà pourquoi, voilà comment je me suis trouvé prêt à écrire sur tant de personnages et de sujets divers, dans ma vie de journaliste qui est déjà longue et qui m'a pris, sans que je le regrette, le meilleur de moi-même.

Plus les hommes étaient élevés et les sujets difficiles, plus je m'appliquais à les embrasser dans leurs détails comme dans leur erîsemble, pour les mieux faire comprendre. Ayant affaire à un public dont je courais le risque d'égarer le jugement si je m'étais abandonné à des passions trop vives, je me surveillais moi-même

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