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X AVANT-PROPOS

avec l'altention la plus soutenue, pour ne pas tomber dans l'erreur et les déclamations qui en sont ordinairement les conséquences. Cette réserve prudente m'a grandement profité. Je n'ai pas toujours eu à glorifier les hommes les plus illustres de mon parti, comme il m'est arrivé de le faire avec tant de joie intime et profonde et tant de reconnaissance pour leurs services; j'ai dû porter aussi des jugements sur quelques-uns des adversaires de la cause qui est la mienne. Je souhaite d'un cœur sincère que les ardents, qui croient me précéder aujourd'hui dans la carrière, trouvent que ces jugements portés sur nos ennemis communs sont empreints d'une trop grande mansuétude. Ce sera pour moi la meilleure preuve que je n'ai pas dépassé les limites tracées par la raison et l'équité.

Je rougirais, d'ailleurs, d'avoir à me défendre contre le reproche de dénigrement systématique; je ne crois pas l'avoir mérité. Nul doute que ces articles, dans leur diversité, ne portent la marque d'un esprit habitué dès longtemps à prendre parti pour ou contre certains hommes dévoués ou hostiles aux idées qu'il a faites siennes. L'impartialité ou, pour mieux dire, l'indifférence entre les doctrines n'est pas mon fait; mais je tiendrais à ce que l'on me rendît ce témoignage que, dans mon appréciation des hommes, je n'ai jamais excédé mon droit. J'avais, du reste, pour me protéger contre la tentation d'en abuser, une parole de Gambetta, bien digne de son noble cœur aussi grand que son esprit. ïl a aimé ces articles, je puis le dire, et je le dis, en effet, non sans orgueil ; il les a goûtés, approuvés, loués peut-être plus qu'ils ne méritaient de l'être; il m'en courageait à les réunir en un volume, et c'est en souvenir de lui que ce livre paraît aujourd'hui. Ce qui lui en plaisait, c'était leur modération. « Persévère, me disait- il; tu es dans le droit chemin et tu fais de

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