XII PREFACE
moins chaque soir après dîner son train dAsnières pour aller rafraîchir ses regards aux perspectives que lui offraient les toiles de fond de nos cafés-concerts !
Il faut toujours penser que les mauvaises langues exagèrent et ne voir dans cet on dit que l'affirmation dune sorte de routine ou tic professionnel. Si l'on a tenu pendant sept ou huit ans la critique dramatique, il est possible d'imaginer un autre emploi de ses facultés, de comprendre surtout que l'écrivain n'existe qu'à la condition de se renouveler. Mais à celui qui, trente années durant, occupa le même fauteuil dans les différentes salles de Paris, il n'est d'autre atinosphère acceptable que celle des Théâtres, et l'en vouloir brusquement isoler équivaudrait à priver le mot phijiomane de ses injections quotidiennes. J'ai connu jadis un expéditionnaire, de ces pauvres diables qui, da?is les études d'avoués ou de notaires, munis de manches de lustrine, copient des actes à tant la feuille L'âge était venu, et comme sans doute il ne copiait plus asse^ vite, son patron lui avait Jait comprendre, avec quelques ménagements, qu'il était temps de songer à la retraite : « — Ah, Monsieur, s'écria-l-il, avec un sanglot dans la voix, gardez-moi : Je copierai gratuitement ! jj Voilà le tic poussé jusqu'à