PREFACE XV
s'ils n'y peuvent joindre le seul argument décisifs car il est plus aisé de se dérober à une lecture que de répondre après avoir lu. N'y a-t-il pas identité de situation., parité d'accueil, chez l entrepreneur de spectacles et l'éditeur de livres, qui depuis longtemps déjà ne veut plus consentir à risquer l'unique billet bleu sur un nom qui n'a pas encore de clientèle ?
La Critique peut bien déplorer un tel état de choses ; pour y remédier., c'est une autre affaire, car elle a sa part de responsabilité dans ce que nous voyons. Faite pour exercer une magistrature, elle a méconnu sa fonction, et il lui reste tout au plus l'autorité de juges qui, descendus dans le prétoire, pactisent d'avance avec ceux qu'ils ont mission de départager. Les temps sont loin où le prestige d'un nom mis au bas d'un grand organe suffisait à assurer le succès d'une pièce, ou du moins y contribuait puissamment . A force d'avoir signé des billets de complaisance, le crédit s'est épuisé, et le public ne prend plus conseil que de lui-même. La critique dramatique a suivi une évolution identique à celle de la critique littéraire, dont on sait qu'elle est, à quelques exceptions près, une réclame déguisée, et qu'elle servira moins tes intérêts matériels d'im ouvrage qu'une publicité franchement avouée. Ici, comme