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DU VILLAGE DE PLANCHENOIT

Le plus ancien guide du champ de bataille de Waterloo

Ayant été employé immédiatement après la mémorable bataille, pour secourir les blessés et enterrer les morts. Connaissant toutes les localités et pouvant donner tous les détails désirables sur les grands faits d'armes de i8i5. Il a eu l'honneur d'accompagner comme guide M. Ad. Thiers, l'historien célèbre, alors qu'il visitât (sic) les plaines ds Waterloo. Possesseur de certificats honorables il se recommande aux personnes qui désirent visiter le champ de bataille.

Thérèse, la fille de Martin, nous parle pêle-mêle de Victor Hugo, de Thiers, du sergent Greham, de Mac-

Donald, de Jérôme du jardinier Guillaume Van Kyl som, qui resta dans Hogoumont, enfoui dans la cave pour garder le château... On suit avec peine le fil de ses discours.

— Si Grouchy était venu, m'sieur, les Anglais auraient été rossés!... Mais les Français ne pouvaient pas gagner la bataille en même temps que les Anglais, n'est-ce pas? Il y en a toujours un qui perd ! Il y en a toujours un qui est trompé. Rappelez- vous, m'sieur, le déjeuner de Grouchy. Ce général-là n'était bon que pour manger des fruits!...

Elle va me servir une version favorable aux Français, — car les guides officiels vous racontent la bataille avec des nuances différentes suivant la nationalité qu'ils vous supposent. J 'ai soin d'avertir Thérèse Pirson de mon origine belge. Elle change aussitôt d'intonation et me donne des renseignements neutres. Elle aime mieux parler anglais que français, me confie-t-elle ; elle vend aux visiteurs britanniques des crânes, des boutons, des fusils. Un seul Français lui a acheté des fragments de squelette ; c'est un membre de l'Académie française. Elle parle familièrement de son client, qu'elle appelle par son petit nom connu du Tout-Paris, et me montre les autographes de « l'Immortel ». Je n'aurai pas l'indiscrétion de dire le nom de cet acheteur pieux et bénévole. Il dit dans ses lettres à Thérèse Pirson que les ossements sont destinés à la collection de son fils.

La fille du guide retrace plus ou moins éloquemment les épisodes du siège et de l'incendie de Hogoumont d'après Victor Hugo. Elle est fière d'avoir connu l'écrivain et donne quelques détails sur son séjour à M ont-Saint- Jean. On sait que l'auteur des Misérables parle avec une particulière complaisance de ce sire Hugo

qui construisit le château et la chapelle. Il laisserait volontiers entendre qu'il en descend... A écouter le bavardage de Thérèse Pirson, plein de respect pour le poète, à contempler ces ruines comme hantées d'images et de fictions romantiques, on se persuade que le grand Hugo du dix-neuvième siècle a reconquis par son génie le domaine dévasté et glorieux du petit seigneur brabançon, Hugo de Somerel, prêtre-chevalier de l'abbaye deVillers...

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