‹ Figures françaises, critique et documentsChapitre 6 sur 15 · Ô FIGURES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

Ô FIGURES FRANÇAISES

Sûr du trésor qu'il portait, il risquait de mourir de faim au milieu de son or, parce qu'il dédaignait de le porter à la Monnaie et de convertir ses lingots en espèces.

Artiste de la parole, il ne s'amusait pourtant point à créer des mots ; mais, mettant, pour ainsi dire, toute la nature à contribution dans ses écrits et sa conversation, il formait une langue nouvelle avec des mots convenus ; son génie les broyait à son gré et savait s'arrêter là où le bon goût avait mis une borne.

« Il n'a manqué à plus dune de ces pages de Rivarol, pour frapper davantage, que de naître quelques années plus tôt, » a dit Sainte- Beuve.

Pourquoi ? La jeunesse ne sait-elle pas toujours retrouver ses guides ? Malgré ce qu'il peut y avoir souvent d'un peu uniforme dans cette harmonie de la phrase de Rivarol, quoique son éblouissante sécheresse manque un peu de sentiment, qu'il n'y ait jamais d'inquiétude et de tendresse humaine sous le vêtement pur de sa pensée judicieuse, Rivarol, sain, clair, précis, défenseur de ce qu'il y a de meilleur dans notre force et notre tradition nationale, nous offre, avec les plus nobles joies de l'art, des ressources nombreuses d'affirmations pour ne pas désespérer de notre renaissance.

Il n'aimait guère M'"' de Staël, et c'est

pourtant dans Corinne que se trouve cette image, symbole de la jeunesse éternelle de la vie, de la santé...

Au crépuscule, dans la campagne romaine, une belle jeune lemnie allaite son fils, assise sur les débris d'une colonne antique.

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