‹ Figures italiennes d'aujourd'huiChapitre 16 sur 58 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

3. M. Palameijghi Grispi objecte que le roi Humbert a refusé depuis rîe revoir Giolitti, ce qui ne serait point advenu s'il avait eu de si graves et si personnelles dettes de reconnaissance envers lui. L'argument n'est guère probant. En manifestant sa aympathie pour son ancien ministre, n'eût-il point plutôt donné crédit à ce qui se disait sous le manteau, d'abord, ouvertement, ensuite ?

GIOVANPiî GlOLlTïi 41

de ia monarchie incompréhensifs. On avait cru pouvoir noyer dans le sang un mouvement qui était animé d'une force de fatalité historique. Les fusillades de Milan, en 1898, avaient attesté la faillite du système répressif et imposé la nécessité d'une politique de conciliation sociale.

Les désastres africains ajoutaient à cet état d'esprit. La mégalomanie crispienne avait eu des lendemains bien funestes. On voulait une politique libérale, une politique d'apaisement, fûl-elle même au point de vue international, une politique de timidité. Quand le Toscan Gaetano Bresci, venu d'Amérique pour punir celui qu'il considérait comme l'auteur responsable des meurtres de 1898, tua à Monza, d'un coup de revolver, le roi Humbert, il rendit possible l'avènement de cette politique.

Le vieux leader démocrate Zanardelli apparaissait l'homme désigné pour la diriger. El, dès 1896, dans la banquet de Guneo, puis en 1897, dans un discours à Caraglio, Giolitti, exposant des idées libérales, posait sa candidature à sa lieutenance. 11 s'imposait par son intelligence autant que par ses promesses. Aussi, la conjonction Zanardelli-Giolitti se fît-elle, et vit-on l'ancien président du conseil exposer à Brusca un programme très démocratique.

Page 1