‹ Figures italiennes d'aujourd'huiChapitre 8 sur 58 · N" 276 du Livre vert · texte numérisé non relu

N" 276 du Livre vert

au cours des renouvellements successifs du traité, s'appliquèrent à '^^auve^aidf l;i confinuité de leur alliance, en stipulant le principe des accorfis préalables relati veniez I aux Balkans, en vue de concilier les intérêts el les t nd mces divergentes des deux puissances.

Ilestde toute évidence que ces stipulations, l'valement observées, auraient suffi à fournir une base solide i»ourune action commune et féconde. Par contre, T Au riche Honjji^rie, au cours de l'été 1914, sans pendre aucun accord avec l'Italie, sans même 1 d faire parven'r le moindre avertissement, et ne faisant ;uicun cas des conseils de mo ^''ration qui lui étaient ;i<trissés par le gouvernement royal, notifia à la Serbie Vtiltimntum du 23 juillet qui fut la cause et 1e point de dépa'f de 1 1 présente confïae^ralion européenne.

L'Autiiche-Hon^rie,en néglig^eant les oblij^ations découlant du traité, troublait prr)fondémenl le statu quo balkanique et créait une situation dent ePe seule était appelée à profiler, au détriment des intérêts, de la plus grande importance, que son alliée avait tant de fois affirmés et proclainés.

Une violation aussi fla2:rante de la lettreet de l'esprit du traité non seub^ment justifia le refus de l'Italie de se ranger du côté des alliés dans une guerre provoquée sans son avis, mais enleva du même coup à Talliance son contenu essentiel et sa -aison d'être.

Le pact<' même de la neutralité bienveillante prévue par le traité se trouvait compromis f)ar cette violation. La raison et le sentiment s'accordent en effet à exclure que la neutralité bienveillante puisse êlre maint''nue, lo'squ'un des alliés prend les armes pour la réalisation d'un programme diamétralement opposé aux intérêts vitaux de l'antre allié, intérêts dont la sauvegarde constituait la raison principale de l'alliance même.

Ce nonobstant, l'Ilalie s'est efforcée, pendant plusieurs mois, de créer une situation favorable au rétablissement entre les deux États de ces rapports amicaux qui constituent le fondement essentiel de toute coopération dans le domaine de la politique générale.

Dans ce but et dans cet espoir le gouvernement royal se déclara disposé à se prêter à un airangement ayant pour base la sa'isfaction, d;ins une mesure équitable, des légitimes aspirations nationales de l'Italie et qui aurait servi en même temps à réHuire la disparité existante dans la situation réciproque des deux Etats dans l'Adriatique.

Ces négociations n'aboutirent toutefois à aucun résultat appréciable

Tous les efforts du gouvernement royal se henrtènmt à la résistance du gouvernement impérial et royal, lequel apri'^s plusieurs mois, s'est spuloment décidé à admettre des intérêts spéciaux de l'Italie à Valona et à promettre une concession non suffisante de territoires dans le Trentin ; conct^ssion qui ne comporte aucunement le règlement normal de la sittialion, ni au point de vue ethnique, ni au point de vue politique, ou militaire.

Cette concession, en ou're, ne devait avoir son exécution qu'à une époque indéterminée, c'est-à-dire seulement à la fin de la guerre.

En cet état de choses, le gouvernement italien doit renoncera l'espoir de parvenir à un accord et se voit contraint de retirer foutes ses propositions d'arrangement.

Il est ég:ah^ment inutile de maintenir à l'alliance une apparence formelle, qui ne serait destinée qu'à dissimuler la réalité d'une méfiance continuelle et de contrastes quotidiens.

C'est pourquoi l'Italie, confiante dans son bon droit, affirme et proclame qu'elle reprend dès ce moment son entière liberté d'action, et déclare annulé et désormais sans effets son traité d'alliance avec rAutriche-IIongrie.

Tel est, en ces grandes lignes, le Livre vert qui tira avec bonheur l'Italie d'une situation difficile. On peut regretter que sa difTiisinn à l'étranger, et spécialement dans les pays neutres, n'ait pas été plus complète. La seule lecture de ces documents officiels fait justice du reproche que les germanophiles n'ont cessé de diri-

20 FIGURES ITALIENNES r> AUJOURD HtJI

ger contre Tltalie, en Faccusant d*avoir trahi son ancienne alliée. Sonnino a admirablement réussi au con« traire à démontrer que les torts étaient du côté de l'Autriche.

LE PARECCHIO ET M. GIOLITTI.

Une fois le traité dénoncé, les événements allaient se précipiter. Les neutralistes, à l'instigation de l'Allemagne et de l'Autriche, essayèrent une manœuvre désespérée. Ils trouvèrent, pour la patronner, l'ancien président du conseil, le rival de Sonnino, M. Giolitti. Celui-ci, dans une lettre adressée à son ami, le député Peano, le 4 janvier 1915, avait déjà lancé la formule du « parecchio», motassezintraduisibleenfrançais, mais dont le sens essentiel était que si l'on pouvait obtenir « certaines choses » en restant neutre, il fallait accepter. Il semble, bien qu'il s'en soit défendu, être resté en négociations avec le prince de Biilow et le baron Macchio, peut-être même après la rupture officielle. Sa très haute situation dans l'Ktat rend d'ailleurs le fait assez vraisemblable. C'est évidemment à lui que le baron Macchio fait allusion quand il parle de « l'homme de l'avenir », dans la dépêche du 4 mai K Une autre pièce du livre rouge ^ (lettre du comte Berchtold au baron Macchio) dit encore : u L'ambassadeur d'Allemagne m'a donné lecture par ordre de son gouvernement, de deux longs rapports du prince de Bûlow sur des conversations avec le baron Sonnino et l'honorable Giolitti concernant l'attitude de l'Italie dans ses rapports avec la monarchie. »

Le 10 mai, le barop Macchio écrit à Vienne^ qu'il est

Page 1