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Les Mélodies hébraïques

3. Le texte fut considérablement écourté par un incendie et l'auteur ne se décida jamais à réparer cette perte.

/j. Cf. Km. Montégut, Revue des Deux Mondes, i5 mai 1884.

les récits de voyages de Benjamin de Tudèle, des livres pieux comme le Cho Lachma Anja, le Maasseb Rabbi Eliezer, voire des thèses antisémitiques comme celle de Schudt sur les ghettos de Francfort [.

La triste beauté du Judaïsme se manifeste à lui de plus en plus ; au cours des siècles modernes, trois génies lui paraissent dominer le monde, Jésus, Spinosa et lui Heine, tous trois appartenant à « ce peuple infortuné que la Providence, pour des raisons mystérieuses, a chargé de l'inimitié de la haute et basse populace », tous trois malheureux, haïs même des leurs. Il a une grande admiration pour la philosophie de Spinosa, une immense sympathie pour son existence lamentable.

L'esprit des prophètes israélites planait-il encore sur leur arrièredescendant )... Il a été constaté que la vie privée de Spinosa fut exempte de blâme et qu'elle demeure pure et sans tache comme celle de son divin parent Jésus-Christ ; comme lui il souffrit pour sa doctrine ; comme lui il porta la couronne épineuse. Cher lecteur, si jamais tu vas à Amsterdam, fais-toi montrer par le valet de la place la synagogue espagnole. C'est un bel édifice et le toit repose sur quatre colonnes colossales. Au milieu s'élève la chaire où fut lancé l'anathème sur le traître à la loi mosaïque, le hidalgo Benoît de Spinosa. On souffle en cette occasion dans un cornet à bouquins qui se nomme schofar. Cette corne fit donc un accompagnement à l'excommunication de Spinosa ; il fut solennellement chassé de la communauté d'Israël et déclaré indigne de portera l'avenir le nom de Juif. Ce nom, ses ennemis chrétiens furent assez magnanimes pour le lui laisser ; mais les Juifs, Cent Suisses du déisme, furent inexorables, et l'on montre encore la place, devant la synagogue espagnole, à Amsterdam, où ils accueillirent Spinosa avec leurs longs poignards 2.

Et Heine observe que c'est à peu près ce qui lui est arrivé à lui-même. Les hommes de son sang le persécutaient plus que les Goym. Il a dû s'enfuir devant leurs menaces 3. C'est que, s'étant posé parmi eux en réfor-

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