‹ Figures juivesChapitre 36 sur 79 · Français etAUemands,p · texte numérisé non relu

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sa pension * ? A la fin de 1849. comme un chaud républicain. Meissner, l'entretenait de ses espoirs :

— Ça ne durera pas longtemps, lui prédit assez durement Heine. Un coup d'Etat prochain n'est un mystère pour personne, mais on en parle tant qu'on finit par ne plus y croire. Il se fera néanmoins. Le Président suit la tradition de son oncle. J'en suis bien aise 2.

Qu'on ne voie pas là une boutade. Il approuva les opérations de Décembre, et la consécration plébiscitaire l'enchanta. Montégut a raconté quel fut son étonnement de l'entendre lui faire l'éloge de l'Elu et de son système. « Je le trouvai partisan de Napoléon III au point d'être un peu injuste pour son libéralisme passé 3. »

C'était mal le comprendre. II n'y avait pas eu de sa part volte-face ni même évolution. Ce dualisme exista toujours chez Heine, instinct anarchique et sympathie pour le Césarisme. Jadis ne travaillait-il pas à ruiner par la satire l'autorité de ses princes, en même temps qu'il collaborait avec Béranger au développement de la légende napoléonienne ? Son Tambour Legrand et ses Deux Grenadiers complétaient les Souvenirs du Peuple A.

1. Il ne resta pas pour cela sans ressources. Outre le rapport de ses livres, il touchait plusieurs milliers de francs par année de son cousin Charles Heine, le fils du banquier Salomon, plus ceux que lui servait régulièrement le baron de Rothschild. (Cf. Lettres à Campe, 3o juin et 6 novembre 18^9.

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