h'éo-Malthusisme et Socialisme, p
la France, qui toujours donna l'exemple du dévouement, ne se ferait-elle pas le Christ des nations, en risquant tout et se livrant sans défense?
N 'est- ce pas nourrir pour elle un ardent amour que lui souhaiter un sort analogue à celui de la Grèce antique ? La Grèce a été jadis absorbée dans l'Empire romain ; mais elle lui a légué le culte de la beauté, son art, sa philosophie, sa langue même. L'Hellade a conquis son vainqueur, elle l'a hellénisé. Il doit en être de même de notre patrie : son esprit animera la Confédération mondiale. Elle deviendra 1 Humanité '.
Tournons-nous donc vers nos rivaux, nos ennemis, et, pour leur prouver que nous renonçons à les attaquer, brisons nos armes.
Admettons qu'à cette attitude fraternelle, des peuples à mentalité sauvage répondent par l'invasion, le pillage, le viol et le meurtre ; nous mourrons peut-être, mais quelle mort 1 Les siècles rediront notre sacrifice sublime. La semence fructifiera et elle contribuera à faire éclore la cité future de paix, de justice et de liberté -.
Voilà la leçon idéale pour l'école.
Quelques instituteurs se préoccupent, parait-il, de fortifier dans l'àme des jeunes générations le sentiment patriotique 11 ne semble pas que le besoin s'en fasse sentir. Des maîtres républicains devraient bien plutôt se préoccuper de saper ce dogme qui, ni plus ni moins que les dogmes religieux, est un legs du passé, propre seulement à retarder l'affranchissement de notre espèce...
Dites aux enfants qu'ils auront à protéger le patrimoine révolutionnaire et non le sol qu'ils habitent.
Knseignez-leur l'amour de la patrie, je le veux bien, mais de la patrie élargie, de la grande patrie se confondant avec le monde civilisé, en attendant qu'elle s'étende à l'intégrité mondiale :i.
Tout cela fait un commentaire excellent à certaine apologie d'Israël que Naquet développa jadis à la
i . L' Humanité et la Patrie, p. 333.
a. Désarmement, p. 87.