Ibid., p
ô. Ibid., p. 290.
relations avec les uns et les autres, en dépit des querelles et des haines qui les opposent. Rédacteur occasionnel de la Bataille syndicaliste, de la Guerre sociale, du Courrier Européen, Naquet se livrait parmi les compagnons à de bizarres intrigues. M. Georges Valois les a dénoncées dans la Revue critique i.
Quelques recruteurs, faux révolutionnaires, ses frères en Maçonnerie, attirent chez lui les militants pour causer. Naquet les interroge philosophiquement, les cuisine et les enrôle sans qu ils s'en rendent compte. Ils finissent par apprendre que lorsqu'on a besoin de isecours. on peut s'adresser à Naquet qui fournit des subventions. Gomme Naquet n'est pas assez riche pour subventionner ainsi les bonnes œuvres, il faut penser qu'il n'est qu'un intermédiaire. Sa maison apparaît comme une annexe non officielle du Ministère de l'Intérieur, que l'on présente comme un terrain neutre aux militants qui ne consentiraient pas à entrer au Ministère du Travail ou au Grand Orient.
Ces services multipliés valaient au vieux diable beaucoup d'influence. Il s'y ajoutait le prestige de sa dignité dans la Congrégation occulte. Ancien membre du Conseil de l'Ordre, il jouissait d'une autorité considérable sur les meneurs que gouverne l'ombre sacrée d'Hiram. Et presque toute son activité se dépensait à vivifier dans son domaine le fanatisme anticatholique.
Pendant l'été de 1909, la Maçonnerie sut exploiter le mécontentement causé chez les artisans espagnols par la guerre du Maroc; elle leur représenta le clergé comme l'instigateur de cette expédition et prépara contre les prêtres un soulèvement exterminateur. De tragiques émeutes terrorisèrent la Catalogne : les églises et les couvents y furent saccagés, incendiés, les moines assassinés, les religieuses odieusement traitées. De ce complot personne qui ne reconnût l'auteur responsable, personne qui ne devinât dans la conduite de cette destruction et de cette tuerie la volonté, le plan, les ordres du propagandiste Ferrer. Le gouvernement,