Ibid
France ou en Allemagne. Et pour cause : il plane dans le royaume de Charlatan et d'Utopie.
C'est cependant pour ces absurdités que d'aucuns nous le donnent comme un précurseur. Que l'Allemagne :1(
L'Allemagne ? Disons plutôt le judaïsme germanique, das Judentum. M. Nordau feint parfois de se ranger parmi les Allemands : « Nous autres Allemands», écrit-il après Henri Heine. C'est une allusion ironique à l'ennuyeux enregistrement de son existence par la paperasserie de l'Empire. Il va même plus loin et se cherche des aïeux parmi les vainqueurs de Varus : « Nous autres Germains ' ». Effronterie énorme, dont les Berlinois ne sentent probablement pas la force2 et qui rappelle le fameux « Nos pères les Francs » d'Adolphe-Isaac Crémieux.
i. Cf. Chronique de M. Porto- Riche dans le Malin du 17 octobre ii) 11 : « De tout temps, à toutes les périodes de notre histoire nationale, nous avons répugné aux tripotages. Le Français est essentiellement honnête, exact en affaires, etc. » M. Porto-Riche, assure l'Encyclopédie Larousse, est né à Bordeaux, de parents italiens. Rectifions : de parents juifs italiens.
2. Les Allemands, néanmoins, ont fait à cet égard beaucoup de progrès. Qu'on lise dans le petit volume d'Adolf Bartels: Kritilcerund h'ritikhaster (Leipzig, Libr. Avenarius) la solide étude intitulée : das Judentum in der deutschen Literatur. Aous en traduisons le passage le plus caractéristique :
« Bien que les Juifs se rendent très bien compte de la manière* juive des écrivains juifs-allernands et soient fiers de ceux des leurs qui figurent dans la littérature allemande, ils n'aiment pas cependant qu'on désigne le Juif par le nom de Juif ; ils réclament pour lui tous les honneurs qu'on accorde à un poète allemand, par exemple pour Heine le monument de Dusseldorf. élevé par des Allemands, avec le concours des autorités municipales. En voulant que dans l'histoire de la littérature, on traite le poète juif-allemand comme un aryenallemand, ils se mettent en contradiction absolue avec la science, pour laquelle par ailleurs ils proclament si fort leur vénération. Mais cr-la no l«-s tourmente pas autrement. — Que leur font la
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Indépendamment du fait de sa naissance, l'inventaire de ses idées a suffisamment mis en lumière les caractères essentiels d'un Hébreu. Il faudrait ajouter à cette preuve de vitalité judaïque les réminiscences bibliques, dont son œuvre est toute fleurie, et certaine propension à ne citer comme autorités ou comme exemples intellectuels que des membres de la grande famille, depuis les plus réputés, Spinosa, Heine, jusqu'aux plus ignorés, lesRoubinovitch. les Raphaël Lœwenfeld, etc.
Mais ce qu'il est intéressant surtout de considérer en lui, c'est la puissance des ressentiments héréditaires, le dévouement actif aux rancunes nationales. Certes, il n'est pas de ceux dont parle avec mépris Henri Heine et qui ne savent pas haïr. Lui aussi vénère et chérit Shylock, l'idéal amant de la Vengeance. C'est un Macchabée, un enragé. A peine s'il peut se maintenir un temps dans la noble et sereine attitude du savant, il entre soudain dans la danse du scalp, se démène, gesticule, hurle en furieux contre les ennemis de son sang. Du haut de sa chaire anthropopsychophysiopatliologique il les dénonce comme le rebut de l'espèce humaine, les stigmatise en bloc sous la dénomination de « Dégénérés » et compose, à les vilipender, un ouvrage en deux volumes qui voudrait bien avoir l'air d'une thèse, mais n'est, somme toute, qu'un gros pamphlet crapuleux, véritable dépotoir de ghetto. M. Nordau a dédié ce travail — et c'est justice — à une autre lumière de Galaad, César Lombroso, son « cher maître » et, dit-il, « une des plus superbes apparitions de ce siècle ».
science, la vérité, quand il s'agit des intérêts de leur nation P — Voilà le bon Chamisso ; c'était un gentilhomme originaire de la France septentrionale, et, comme tel, il avait certainement beaucoup de sang germanique dans les veines. Pourtant nous le cataloguons Français, et, ce faisant, nous ne rencontrons aucunement l'opposition de la société juive. Et nous devrions ignorer complètement les particularités ethniques d'un peuple non aryen, qui depuis mille ans s'est tenu intact et immuable au milieu de nous ? C'est une prétention qui fait rougir de colère tout loyal serviteur de la science. »
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Sous prétexte de montrer les différentes variétés de la folie et de ce que son traducteur appelle, par une faute de français, « l'idiotisme », il fait défiler les idées, les croyances, les mœurs, voire les personnalités dans lesquelles il sait être une opposition plus ou moins franche à l'emprise d'Israël. On pense bien que le christianisme et plus spécialement le catholicisme y sont fort malmenés. Quiconque, admettant la divinité de Jésus, s'accommode de révélations et de dogmes, est un dément, « qui marmotte des prières d'une bouche baveuse et contemple, les yeux convulsés, une vision hallucinatoire { ».
La science ne raconte rien d'une vie après la mort, de concerts de harpes dans le paradis et de la transformation de cancres et de bécasses hystériques en anges vêtus de blanc, aux ailes irisées 2.
Des gens de chez nous, un Voltaire, un Courier, alors même qu'ils tournent la foi en ridicule, n'ont pas ces façons ordurières. Chez ce vagabond de catégorie inférieure notre civilisation occidentale n'a pas profondément pénétré.
Quel lettré n'a goûté Sagesse de Paul Verlaine? Qui n'a été attendri par l'humilité candide, charmé par le rythme gracieux de ces vers :
O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour, Et la blessure est encore vibrante...
Noyez mon âme aux flots de votre Vin, Fondez ma vie au Pain de votre table.
Voici mon sang que je n ai pas versé, Voici ma chair indigne de souffrance.
Voici mes mains qui n'ont pas travaillé. Voici mon cœur qui n'a battu qu'en vain. Voici mes pieds, frivoles voyageurs.
Voici mes yeux, luminaires d'erreurs.
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur, Toutes mes peurs, toutes mes ignorances, Vous connaissez tout cela, tout cela,