‹ Figures juivesChapitre 72 sur 79 · Ibid., I, p · texte numérisé non relu

Ibid., I, p

3. Il est vrai que sur sa fin, Heine relisait la Bible avec dévotion

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double chez lui d'une hostilité vigoureuse contre la Haute Banque. Heine malmenait parfois les opulents barons, ce qnine l'empêchait pas d'attendre avec impatience leurs petits cadeaux périodiques ; M. Nordau, dans ses écrits du moins, ne les ménage guère. Avec une rudesse, qui après tout ne doit pas être feinte, il manie le fouet de Drumont ; il s'attaque à l'enrichissement colossal d'un Hirsch, d'un Rothschild et, d'une manière plus générale, au métier que préfèrent ceux des Douze Tribus. La spéculation est pour lui le fléau moderne. Il compare les agioteurs aux voleurs de grands chemins, aux chevaliersbandits du moyen âge et la Bourse à une caverne de brigands. « Les crises financières, dit-il, sont simplement « les coups de piston réguliers par lesquels le gros capi- « tal pompe pour ses propres réservoirs l'excédent total « du travail d'un peuple 1 . » Il développe ces vérités en copieuses et très âpres diatribes.

Mais il ne faut pas se laisser abuser. Ses mots irrévérencieux sur le Livre Saint, ses invectives à l'adresse des cousins multi-millionnaires ne sont pas l'expression d'un reniement sacrilège. Elles émanent au contraire, comme les boutades de Bernard Lazare, d'un nationalisme juif exaspéré. M. >*ordau néglige le côté confessionnel et veut galvaniser l'antique patriotisme, si l'on peut dire.

Tribun fougueux du Sionisme, il est de ceux qui rêvent la restauration des États de David et de Salomon.

On peut prendre comme exemple de sa prédication le

M. Xordau écrit (Mensonges conventionnels, p. 67) : « Par pure routine, on va à l'église, on salue le prêtre, on traite avec respect la Bible... ce chaos des superstitions de la vieille Palestine... Comme valeur poétique, elle reste derrière tout ce que des poètes même de second ordre ont créé dans les deux mille dernières années. Les notions que nous donne la Bible sur le monde sont enfantines, et sa morale est révoltante. Et pourtant des hommes assez cultivés et assez doués de jugement pour reconnaître tout cela feignent un respect sans bornes pour ce vieux livre ; ils s'offensent quand on en parle en toute liberté comme d'autres produits de l'esprit humain. » N'oublions pas que celui qui écrivit ces lignes est fils d'un rabbin.

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