E.-M. DE VOGUE
Au printemps de l'année 1887, E.-M. Melchior de Vogué, qui lisait beaucoup, et non point seulement les romans à succès, apprit que, parmi tant d'inappréciables richesses, les archives du Mont-Cassin possédaient quelques leçons manuscrites du savant Cremonini, ami de Galilée, professeur de philosophie à l'Université de Padoue vers la fin du xvie siècle; il ne put connaître que les premiers mots du discours d'ouverture : Mu fiel us nunquam est, nascifur semper et moritur — « le monde n'est jamais, il ne fait que naître et mourir à chaque instant. » Aussitôt il ambitionna d'en savoir plus long, et rêva l'aventure de ce philosophe de la Renaissance qui, si longtemps après Çakya Mouni, et trois siècles avant Hegel, enseignait la < doctrine de la métamorphose perpétuelle et de l'universelle illusion. » Il voyageait aisément; ce printemps-là, par hasard, l'ayant conduit aux portes de l'Italie, il les franchit, courut dune