M. DE VOGUÉ
Pour nous, qui no fûmes point insensibles à ]a seducfon d un talent ondoyant, nous voyons bien que ^"-erhtude ne nous déplaisait qu'à demi; ili bon que de son vivant la pensée d'un auteur semble parfcus se dérober et nous proposer l'attrait d'un pe.it mystère : a smvre cette activité un peu désordonnée. nous soupçonnions une profonde et généreuse ardeur
-M. de Vogue, quêtant de liens rattachaient au p-se. eta.t notre par ce sens historique qui lui inlei,
-l.saU les regrets injustifiés et l'incitait! l'amour de «on temps ; j etmt ^ ^ ^
Je a scence ses .«quiétudes et en vérité ses contradicfons; car d aima son temps et lui fut équitable • quel n est pomt dans les Morts 7ui P*,,ent „„ SoUci ;l.j;,, ce condamnant nos mœurs parlementaires -
et qui ne les condamne avec lui9 — mml h
j i ,. U,1U1, — Quel nommage ne
rend-il point à 1 intégrité et au lal^nt A , •
ti ,; ' .-^^ et au talent de nos politiques!
Ji aima son temns ot fît ^rtV^f i
,i rnl , . ^ '. et !lt efl0lt Pour le connaître :
, hU ,R(îliemmeilt mdulgent aux œuvres et aux ^'oiie et d espérer
Ht ^enfin et surtout il fut un artiste, épris des idées un les „„. touteg an Lnd
^;.de;es~'"- en foules parfois incohérentes,
"•us s, décoratives, s, aisément consentantes a revêti
^parures du style! Il épandait sur elles l'éclat d'une
d:ri soIenneUe' un p- iâche> - «s
sos);' ' :;1'1;7-,7I Plus heureusement que dans I o plus fugitives; car E.-M. de Yo-nié oui
"' hlsto«en, critique, poète en prose l'ai ' *"«• nn admirable journaliste
IIUYSMANS
Que l'on eut donc tort de faire de la conversion de Huvsmans un événement Littéraire! Les uns vont assurant que cette conversion eut sur son talent une funeste influence: d'autres affirment qu'il puisa dans le catholicisme des forces et une originalité neuves. Je prie tout d'abord que l'on me fasse voir dans quelle mesure l'esprit religieux aurait modifié le tempérament et l'art de l'écrivain ; mais c'est ce que Ton ne fera point, car la conversion de Huvsmans. n'eut sur sa littérature qu'une influence purement extérieure et en vérité négligeable : ses livres catholiques ne diffèrent pas sensiblement, sauf par le sujet, de ses œuvres antérieures ; il est catholique, il n'est pas chrétien : la grâce l'éclaira sans le toucher : la morale évangélique ne l'a ni consolé, ni apaisé; la foi n'a pas éteint son hérétique curiosité ; il demeure jusqu'à la fin magnifiquement indiscipliné, malveillant, insociable, on oserait presque dire anti-chrétien.
Fil YSMANS g()
Que les craintes de certains furent donc vaines el nous semblent aujourd'hui chimériques! Car le surprenant eûl été que la conversion de Iluvsmans eût des ««séquences graves; oui, le miracle eût été que la grâce bouleversât et transformât cette âme- et quel ^probable accident qu'un cataclysme spirituel où pussent sombré les sympathiques défauts et lesredoutables qualités qui l'ont de Huvsmans un précieux artiste! Huvsmans si affranchi d'inquiétudes mêlaphysiques, siréaliste, si éprisde la laideur des choses si incapable de fâcheuse indulgence, «le charité' '1 amour terrestre ou divin, Huvsmans désireux d'artihcel, curieux d'excitants intellectuels et de réactifs assez puissants pour émouvoir une imagination paresseuse Huysmanségoïsteet misanthrope, quevousétiez donc bien armé contre les surprises de l'émotion religieuse .'
Durtal taisant après sa conversion son examen de conscience ne sait pas comment « ,1 en est arrivé *; » »ous ne sommes pas mieux renseignés, et au fond cela nous est égal, parce que cette conversion 'ans crises ni douleurs, et qui fait songer à « ladùres- 'on d un estomac qui travaille » {En roule), d'un stomac sain, bien supérieur* celui de Folantin — il
"H;,S Seruit très ^'il(' ''" l'oublier, de la tenir pour •ulle ei non avenue.
Après comme avant sa conversion, il v a en Ihn s
oi> un naturaliste el an chercheur de chimères/
"'-comme avant la conversion, ces) le naturaliste
qui tient la plume, et voilà l'essentiel, car c'est au naturaliste à qui nous devons toutes nos joies. Le chercheur de chimères fut toujours indécis en ses enquêtes : épris de mystérieux au delà, il fut inhabile à les imaginer. Certes les rêves débiles de Durtal.les cauchemars péniblement provoqués de des Kssciutes, ces fantasmagories indigentes de détraqué volontaire et de névropathe appliqué nous eussent semblé des chefs-d'œuvre d'ennui! Mais la jovialité d'un interprète naturaliste les anima, leur communiqua je ne sais quelle apparence de vie étrange et paradoxale.... Cet interprète narquois et qui ne s'en laissa point imposer par les visions d'un délire profane, nous le retrouvons dans tous les livres de Huysmans : le phénomène religieux ne Téton ne ni ne le touche ; il en saisit et il en fixe les aspects sensibles avec la sincérité cruelle qu'on lui connut toujours; ses procédés d'observation se sont encore perfectionnés; sous son regard, le trait caricatural s'isole et s'accuse. Les subtilités de la théologie, les sublimités de la mystique, bien loin de le déconcerter, stimulent sa verve pittoresque; il en donne des transcriptions éclatantes et en vérité joyeuses ; ah I nous devons faire effort pour ne pas croire qu'il s'égaie d'une nouvelle excentricité de des Esseintes! Et nous n'oublions pas qu'il y a en Huysmans un croyant, mais ce croyant, opprimé par la personnalité envahissante du naturaliste, nous contraint d'apercevoir d'abord sa propre humiliation; la conversion de Huysmans aura brutalement mis en lumière l'un des | caractères de son art qui est d'être indifférent et peutêtre rebelle aux influences de la pensée religieuse. Ce caractère est d'autant moins négligeable qu'en