CU.-V. LANGLOIS
les études variées, en ses Questions dliisloire et d'c/itàgnement; il élabore un tableau synthétique du mie siècle en cette Histoire de France dont Ernesi avisse dirige avec un zèle attentif la publication.
El voici un beau livre.
Admire-t-on davantage la sobriété d'une érudition jui se subordonne avec une parfaite bonne grâce au fan de l'œuvre? Ou l'art de l'écrivain qui dispose ses «rsonnages, ses analyses, ses descriptions suivant ?s lois d'une perspective savante? S'atlaelie-t-on au étail? tel portrait a l'attirance de ces peintures anîennesà demi eiFacées et si vivantes. Car il est en ce vre des portraits, qui ne ressemblent point aux coulimiers exercices de style des historiens romantiques t n'en sont pas moins des portraits: ni truculence, i exagération, ni, pour ainsi dire, aucune addition; ne restauration pieuse: des couleurs ravivées, déeou- Ttes sous l'amoncellement des documents fautifs, des lus is et des commentaires accumulés au cours des ècles. Nul auteur plus discret : Ch.-Y. LangJois élimine de son livre avec une habileté suprême de «stidigitateur ; il laisse parler les contemporains, il xtapose les témoignages, les anecdotes. Je liens pour 'dieieux le portrait de Louis IX dont il nous gratifie, ■lieieiix en vérité, d'un charme sans mièvrerie, d'une tensité de vie... ce son* des pages qu'il faut lire : bsî bien trahirait-on l'auteur en y cherchant une citation; l'impression nail du rapprochement de s feuillets qu'un arl subtil assembla. A peine çà et la ie transition dont la sonorité moderne inquiète — peu • - - toute sa \ ie, il chercha consciencieusement ité et la justice avec le ferme propos d'y conformer
ses croyances et ses actes... » « que Louis IX ait et*
parfois tourmenté par les antinomies qui existent entre
la raison et la foi, cela est certain. » Formules voyant»
qui tranchent sur le fond des naïfs récits contempo
rains. Ce sont des « historiettes » — les plus jolies son
de Joinville — ou encore les propos et maximes du boi
roi qui nous révèlent sa foi, sa science ecclésiastique
ses préoccupations morales, sa bonté, son énergie
son intrépidité, son humeur impérieuse.... Oublions 1
« doucereuse légende de la bénignité angélique de sain
Louis; » cette légende est en contradiction avec le
faits les mieux établis: « Prudence sans fausse hontel
bonne humeur, ironie souriante, voilà quelques trait!
qui ne sont pas du mystique exalté que la pieuse sott|
de son entourage vit exclusivement en Louis IX. E
fait, la sainteté de cet homme excellent n'avait rie
de monastique, et quoique la postérité s'y soit souvei
trompée, comme lavait fait déjà le vulgaire de se
temps, jamais saint n'a été moins « papelard, » pli
laïque que celui-ci.... » Oublions la légende, conter
pions la réalité qui nous est offerte, irrécusable, et, n<
moins que la légende, charmante, d'un charme qui
miraculeux.
Ailleurs la légende s'évanouit, irremplaçable, nous laisse en présence du néant : de tant de « p( traits » de Philippe le Bel que reste-t-il? rien; ré gnons-nous à tenir pour nulles et non avenues ta d'émouvantes évocations de cet énigmatique pers« nage. Philippe le Bel fut-il l'instigateur ou le spectatc des drames qui ensanglantèrent sa cour et de no breuses villes de son royaume? Ch.-Y. Langlois ne» le déclare tout net : « On ne saura jamais qui étl