‹ Figures littérairesChapitre 11 sur 72 · Id., Ibùl · texte numérisé non relu

Id., Ibùl

plus » à ton esprit curieux, il t'en coûte de suivre la vérité toute nue... Prends garde! la chaste vierge ne veut point de parure : elle est trop belle pour être ornée. Vois les lignes pures de mon temple; il est grand parce qu'il est simple ; il est la perfection de la beauté parce qu'il est l'expression la plus naturelle de la raison... Et moi aussi, je vais t'ouvrir mon cœur : je me défie parfois, ô mon fils, des enchantements et des mirages de ton imagination ; je redoute la magie et les ivresses de ton style; j'ai peur de tes « rêves ». Pourquoi faut-il que ta prière enivrée, ton acte de foi et d'amour finisse par la désespérance? o Un immense fleuve d'oubli nous entraîne dans un gouffre sans nom. 0 abîme, tu es le Dieu unique!... Tout n'est ici-bas que symbole et que songe!... » En es-tu bien sûr? Toi qui as réalisé l'idéal , comme Athènes, toi qui as été un des ouvriers de la vérité et de la tolérance, toi qui as élevé aussi dans la lumière, sous le soleil, ton monument d'éternelle beauté, oses-tu affirmer que ta vie n'est qu'un songe, que ton œuvre est condamnée au néant? Aussi longtemps que durera

riiiiinaiiilL', ta pensée vivra dans sa mémoirs ! Ingénieux divinateur , admirable créateur d'hypothèses, qui , dans tes brillantes aventures de pensée, as parcouru tant de sentiers divers à la recherche du vrai, crois-tu que rien se perde des idées ou des choses ? >'on, tu ne le crois pas ! Et. lorsque tu semblés donner ainsi un démenti à toute ta philosophie, c'est sans doute par un caprice de ton démon, qui préfère à la banalité des routes foulées les solitudes de l'Illusion infinie, où l'air est plus rare et plus pur. Ne parle pas de la a dépravation de ton cœur » après l'hymne enthousiaste que tu viens de chanter: je n'y crois pas. pas plus que tu ne crois au néant. Tu vivras, tu le sais, en dépit de ton doute, — que dis-je? en récompense de ce doute même, qui marque ta sincérité!

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