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volontiers l'idéal trompeur que les mangeurs d'opium cherchent dans l'ivresse des sens avec l'idéal durable que les intelhgences d'élite trouvent sur les sommets de l'art et dans les plus hautes spéculations de la raison. Tels sont, au point de vue littéraire, les résultats du fatalisme.

Il y aurait ici deux questions à examiner : — l'une, si la condition essentielle d'une bonne critique n'est pas l'absence de tout système ; si le premier devoir du psychologue n'est pas de faire table rase dans son esprit , de se dépouiller autant que possible de sa philosophie et de sa nature propres pour mieux entrer dans celle d'autrui ; — l'autre, si la doctrine de Spinoza, adoptée par M. Taine et par M. Bourget, ne contient pas en germe une esthétique toute différente de la leur.

En effet, si l'auteur de Y Ethique ne reconnaît pas les idées de bien et de mal, de perfection et d'imperfection, prises au sens moral que leur donne la conscience du genre humain, il ne laisse pas de les admettre dans l'ordre métaphysique , abstraction faite du libre arbitre. Dès lors son

fatalisme, dont il a déroulé les extrêmes conséqueilces avec une effrayante logique , ce fatalisme par lequel il a d'abord légitimé toutes les passions, se retourne contre elles : a L'âme, dit-il, comprend que toutes choses sont nécessaires et qu'elles sont déterminées à l'existence et à l'action par renchaînement infini des causes ; et en conséquence les passions que les objets lui font éprouver sont moins fortes , et elle en est moins affectée. Nous voyons en effet que la tristesse qu'un bien perdu nous lait éprouver s'adoucit aussitôt que l'on vient à considérer qu'il n'y avait aucun moyen de conserver ce qui nous a été ravi ^ » Ainsi, il indique comme remède contre les passions la connaissance des passions, en d'autres termes le développement de la raison, qui seule donne la liberté et la paix de l'àme. le souverain bonheur -.

(c Les choses ne sont bonnes, dit-il. qu'en tant qu'elles aident l'homme à vivre de cette vie de l'âme ; au contraire , les choses qui empêchent l'homme de perfectionner sa raison et

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