‹ Figures littérairesChapitre 49 sur 72 · Liv. II, ch · texte numérisé non relu

Liv. II, ch

, 2. Gargantua, ch. 23.

remplie , et l'on est ému en. écoutant cet hymne solennel du travail , cette action de grâces rendue au Ciel par la science reconnaissante.

Si Rabelais , savant et philosophe , songe à développer l'intelligence et 1 ame , il ne songe pas moins, en sa qualité de médecin, à développer le corps : il veut que tous les organes agissentde concert, et il tente, avant l'Angleterre, d'établir cet équilibre de l'hygiène physique et morale dont on étudie encore aujourd'hui chez nous les problèmes.

Voici donc Gargantua dans les prés, où il joue à la balle, à la paume, « à la pile trigone » ^ ; le voilà à cheval, soit à la chasse, soit à la gymnastique. Rien n'est omis par notre physiologiste, qui, d'un style aussi vigoureux et aussi souple que les muscles de son héros, se plaît à nous décrire les divers exercices du corps après ceux de l'esprit.

Le jeune prince manie les différentes armes avec une égale dextérité, et exécute tous les tours d'adresse qui peuvent sqtyït à la discipline

l. Garg.^ ch. 23.

militaire; mais il ne perd pas son temps aux aux jeux frivoles des tournois ^ : les vaines parades féodales , le soleil de fête dardant ses rayons sur les cuirasses d'apparat, les « damoiselles » attachant leurs couleurs à la lance de leur chevalier, toutes ces gloires de carrousel touchent peu notre philosophe, qui, ennemi des passe-temps oiseux et des fictions inutiles, démasque les comédiens partout où il les rencontre, faux guerriers comme faux savants.

Mais quoi! lui-même ne prend-il pas un masque? Ses fictions sont-elles si utiles toujours? Oui : car les extravagances mêmes de ce roman bouffon parodient les grands romans du moyen âge. Parla, Rabelais fait en France, à sa manière, ce que Cervantes fait en Espagne , à la sienne : l'un et l'autre achèvent tous les Amadis.

En étudiant ce plan d'éducation si neuf et si complet, qui donc voudrait reprocher à l'auteur de n'avoir songé qu^à l'éducation individuelle et de n'avoir résolu aucun des problèmes de l'éducation publique? ^e faut-il pas plutôt

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