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Homère, Odyssée, VI

sentées les victoires de Bacchus ^ Ainsi, nous ari'ivons au terme du voyage dans l'empire enchanté du vin, sorte de taverne idéalisée, rappelant peut-être l'auberge natale. C'est le triomphe de l'ivresse; elle éclate en lyrisme, en vers et ' en chansons. Panurge, Frère Jehan et Pantagruel font assaut de quolibets et de rimes - ; la verve suppjée au sens. C'est la fin rayonnante des féeries : trophées étincelants ^ lustres merveilleux *, fontaines magiques % rien ne manque à cette apothéose de la dive bouteille; et l'oracle livre aux échos le mot de la vérité ; c Trinq ^ î »

5. v. 42. a Rabelais, dit M. Saint-Marc-Girardin dans une comparaison charmante, ressemble un peu à cette merveilleuse fontaine, dont l'eau a pour les buveurs le goût des vins qu'ils s'imaginent boire... Les poètes trouveront à son livre le gont de la poésie; les satiriques, le goût de la satire ; les moralistes diront que c'est de la bonne philosophie, et les orateurs, que c'est parfois de l'éloquenie noble et élevée. Chacun enfin rencontrera son point de vue dans ca singulier ouvrage; qui fait à lui seul une littérature tout entière. » Tableau de la Littérature française au seizième siècle.

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C'est à ces heures de folie que jaillit la source de la joie épaisse , le torrent des coq-à-l'âne , des équivoques licencieuses . avec des kyrielles de mots insensés . d'onomatopées bruyantes , d'obscénités énormes , qui rappellent confusément ces premiers jeux des fêtes de Dyonisos où l'on se barbouillait de lie dans les vendanges \ puis les Saturnales , puis le carnaval , la fête de l'àne et celle des fous . les farces de Shakespeare et les grotesques de Callot, ou la a kermesse » de Rubens. Ce sont les bacchanales de l'esprit , c'est l'orgie de- la Renaissance , ce sont les modernes Dionysies.

Pardonnons à ce grand ivrogne de la science si , dans ses accès de fureur bachique , il se laisse emporter à des irrévérences regrettables, et si la licence du langage passe quelquefois jusqu'à la pensée. Comme les Grecs, il adore la Nature en sa complexité d'esprit et de matière, de pensée et d'animalité ; il suit la vie dans toutes ses formes, dans tous ses effets: qu'importe à ce médecin ce qui nous semble impur,

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