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Nouveaux Lundis, t. II, p

vains, serait considérée comme une qualité, mais qui, chez un historien et un penseur de la taille de M. Renan, peut devenir un défaut; c'est cette tendance, visible et croissante surtout dans ses derniers écrits, qui inquiète parfois ses admirateurs et ses amis les plus sincères. Il fut un temps où l'homme du Xord et l'homme du Midi s'entendaient fort bien ensemble: au lieu de se combattre, ils travaillaient à la même œuvre; ils se soutenaient, se complétaient l'un l'autre; aujourd'hui, il semble vraiment que l'auteur des Souvenirs n'ait pas tout à fait tort lorsqu'il nous dit " (ju'une de ses moitiés est occupée à démolir l'autre w, ou bien que « le Gascon joue des tours incroyables au Breton et lui fait des mines de singe ».

Voici, par exemple, une de ses idées favorites : « Le talent est, à beaucoup d'égards, la mesure de la vérité des doctrines. » Il est évident que, prise au pied de la lettre et au sens ordinaire des termes, cette maxime est un paradoxe. De deux choses l'une : il faut , ou entendre par talent « finesse d'esprit, raison supérieure », ou remplacer le mot de « vérité » par celui de

« durée ». Mais il est vrai qu'alors la phrase ne vaudrait plus la peine d'être écrite; et l'auteur estime sans doute qu'elle n'a de valeur que parce qu'elle excite la controverse.

« La beauté, dit-il encore, est un don tellement supérieur, que le talent, le génie, la vertu même, ne sont rien auprès d'elle, de sorte que la femme vraiment belle a le droit de tout dédaigner, puisqu'elle rassemble, non dans une œuvre hors d'elle, mais dans sa personne même, comme en un vase myrrhin, tout ce que le génie esquisse péniblement en traits faibles, au moyen d'une fatigante réflexion, o

Voyez-vous comme le chatoiement de la phrase éblouit l'œil dib lecteur, de telle sorte qu'il doute si l'écrivain a prononcé bien sérieusement le mot « droit »? N'est-ce pas seulement un fait, résultat d'un coup de dé du hasard dans le mystère de la génération et de l'hérédité?

Je sais bien qu'avec un espril aussi raffiné et aussi souple, avec un tel maître de toutes les élégances intellectuelles, il faut savoir entendre à demi-mot; et cependant, lorsqu'il s'agit, non

plus de points de vue particuliers et personnels, comme ceux que nous venons de citer, mais de déductions philosophiques, est-il permis, pour piquer l'attention, de paraître jouer avec la justesse ? Il est parfois difficile de savoir exactement, quand M. Renan parle métaphysique (dans ses Dialogues philosophiques, par exemple), quelle valeur il attache aux expressions ; s'il s'agit pour lui d'une idée ou seulement d une ima^e. En même temps qu'il donne aux mots un sens de plus en plus raffiné, avec sa facilité à créer des métaphores, il a une tendance à les tenir ensuite pour des réalités: de sorte que, dans cet amalgame (fort curieux, du reste,) de velléités métaphysiques et de poétiques allégories qui sont comme des symboles néo-mythologiques, il devient fort malaisé de se reconnaître et de savoir oîi l'on est. Il semble que ce philologue artiste, dans son commerce prolongé avec l'Orient . ait pris aux langues de ces pays quelque chose de leur tour figuratif et l'habitude des paraboles. Il a dit des idées de Jésus qu'elles étaient des symboles indéfiniment extensibles : il paraît vouloir donner quelquefois un sens,

une valeur analogue aux expressions de notre langue ; mais cette langue française, toute de logique, résiste, et refuse de se prêter à ces doux mensonges. Au surplus, lui-même est allé audevant de cette critique avec sa grâce et son bel air habituels :

a Mon Dieu! dit-il, peut-être la littérature implique-t-elle un peu de péché. Si le penchant gascon à trancher beaucoup de difficultés par un sourire, que ma mère avait mis en moi, eut dormi éternellement, peut-être mon salut eût-il été plus assuré. En tout cas, si j'étais resté en Bretagne, je serais toujours demeuré étranger à cette vanité que tout le monde a aimée, encouragée, je veux dire à une certaine habileté dans l'art d'amener le cliquetis des mots et des idées... »

Et plus loin :

« On réussit surtout par ses défauts. Quand je suis très content de moi , je suis approuvé de dix personnes. Quand je me laisse aller à de périlleux abandons, où. ma conscience littéraire hésite et oij ma main tremble, des milliers me demandent de continuer... Je vois très bien que

le talent n'a de valeur que parce que le monde est enfantin. Si le public avait la tête assez forte, il se contenterait de la vérité. Ce qu'il aime, ce sont presque toujours des imperfections. Mes adversaires, pour me refuser d'autres qualités qui contrarient leur apologétique, m'accordent si libéralement du talent , que je puis bien accepter un éloge qui dans leur bouche est une critique. Du moins n'ai-je jamais cherché à tirer parti de cette qualité inférieure qui m'a plus nui comme savant qu'elle ne m'a servi par elle-mém£. o

On n'a donc rien à lui apprendre sur luimême. 11 a fait le tour de son esprit comme de toute chose au monde; ce n'est pas assez dire: il y est entré , il l'a scruté, retourné en tous sens ; il en sait le fort et le faible. Contentons-nous d'observer et de gC)ûter , « sans chercher comme dit Molière , des raisonnements pour nous empêcher d'avoir du plaisir ».

Jusqu'ici , nous avons essayé de faire voir avec lui les influences de sa double origine, bretonne et gasconne; il nous reste à étudier celles de sa double éducation, d'abord par la théologie catholique et la philologie hébraïque, puis par

la philosophie allemande. Xous apercevons en quelque sorte les deux sources très distinctes du fleuve ; nous allons le voir maintenant, grossi des affluents les plus divers^ se jouer et se ramifier à l'infini.

M. Paul Bourget a admirablement étudié la pensée de M. Renan sous un triple aspect ^ : le sentiment religieux; le dilettantisme (il entend parla « cette disposition de l'esprit, très intelligente à la fois et très voluptueuse, qui nous incline tour à tour vers les formes diverses de la vie et nous conduit à nous prêter à toutes ces formes sans nous donner à aucune » ) ; et enfin ce que , faute d'un meilleur mot , il appelle « le rêve aristocratique » de M. Renan, c'està-dire l'ensemble de ses vues sur l'organisation et le gouvernement des sociétés. Eh bien ! n'est-il pas vrai que ces trois grandes floraisons de son génie , écloses aux rayons de la science et à l'air libre, apparaissaient en germe et commençaient déjà à poindre dans l'àme obscure du jeune paysan de Tréguier ? Est-ce que le sentiment

1. Psychologie contemporaine. Notes et Portraits (Nouvdle Revue, 15 mai*s 1882).

religieux, entretenu , je le veux bien, par l'éducation ecclésiastique , ne lui est pas venu d'abord de sa race ? Ce respect attendri . cette délicatesse féminine, cette émotion presque sainte, qui contrastent si étran'gement avec les sarcasmes et les polémiques violentes du dernier siècle et par où il a fait révolution, ce ne sont assurément pas les livres qui les lui ont donnés: il les avait reçus avec la vie. De même, si ce que M. Bourget appelle le dilettantisme de M. Renan, «, cette science délicate de la métamorphose intellectuelle et sentimentale » , s'est développée par la multiplicité de ses études critiques, est-ce que nous ne la trouvons pas aussi en germe dans sa complexion native, toute prête, par sa dualité, à concevoir et à éprouver des genres de beauté très différents ? S"il s'éprend tour à tour et en même temps de toutes les formes de la pensée, n'est-ce pas que son imagination le dispose d'avance à les embellir? Enfin, s'il est évident que ses instincts d'aristocrate et de patricien se sont changés en théories à mesure que sa supériorité, et aussi la conscience de cette supériorité, allaient grandissant, ne les saisit-on pas déjà à

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l'état plus ou moins vague et embryonnaire dans cette fierté du Breton, coavaincu de la supériorité de sa race, imbu du sentiment de la hiérarchie sociale, et en particiflier dans l'ambition de ce jeune pléltéien qui se destine aux ordres sacrés, avec la pensée que, par l;i, il sera régal du noble ?

Ainsi tous ces di\ers états d'esprit peuvent se ramener à une origine commune , et à la double formule qu'il a donnée lui-mémo dans les Souvenirs : (( Le trait caractéristique de la race bretonne à tous ses degrés est l'idéalisme. » — « Au fond, quand je m'étudie, j'ai en effet très peu changé. »

En 1836, Ernest Renan remporta tous les prix de sa classe au collège de Tréguier : il fut aussitôt mandé à Paris, au petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet , que dirigeait alors l'abbé Dupanloup. Cette vieille maison, fondée au dix-septième siècle par Adrien de Bourdoise, et qui, depuis la Révolution, avait servi de séminaire au clergé du diocèse de Paris, venait d'être transformée de fond en comble et rajeunie par le nouveau directeur : l'antique masure ascétique et cléricale était devenue tout

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à coup un collège moderne, mondain, vivant, où les fils des premières familles de France étaienl élevés côte à côte avec les jeunes clercs, recrutés eux-mêmes parmi les élèves les plus distingués de la province. L'enseignement y était assez brillant, mais superficiel : la piété chrétienne et les belles-lettres y avaient la plus grande part ; l'étude des sciences était à peu près nulle.

Notre jeune Breton vit là des choses bien nouvelles, bien étonnantes : quel contraste entre la saine et sobre nourriture évangélique dont il avait été allaité au fond de sa Bretagne, et le néo-catholicisme mitigé, déguisé et frelaté du monde parisien ! Ses premiers maîtres lui avaient appris à mépriser le talent comme une coquetterie défendue , comme une parure immorale , et voilà que , aux yeux de ses maîtres nouveaux, le talent était non seulement le couronnement de la pensée, mais l'ornement de la religion! Il commença à prendre goût au succès ; il perdit peu à peu la naïveté première de sa foi. Certes, au bout de ses trois ans d'études classiques, il

n'y avait rien en lui qui pût encore s'appeler doute : les leçons qu'il avait reçues, bien qu'assez larges et assez indépendantes au point de vue littéraire, n'étaient point faites pour développer le sens critique ; mais déjà son esprit était éveillé, ouvert aux idées du dehors, et mûr pour le raisonnement.

De Saint-Mcolas, il passa au grand séminaire de Saint-Sulpice , et d'abord à la maison de campagne d'Issy, où l'on faisait deux années de philosophie. 11 s'y trouva sous une direction absolument opposée à celle de M. Dupanloup. Dans ce miheu de scolastique et d'érudition, où le dix-septième siècle s'est continué de nos jours sans une ombre de changement, et « qui est plus séparé du temps présent que si trois mille lieues de silence l'entouraient », il put se croire revenu au petit collège de sa ville natale : c'était la même horreur du talent et de la renommée, le même dédain de la littérature, la même conviction pieuse, la même vertu. M. Renan connut à Saint-Sulpice la perfection de la bonté, de la modestie et de l'abnégation. « On ne saura jamais» dit-il, ce

que ces vieilles écoles de sérieux et de respect ren feraient de trésors pour la conservation du bien parmi les hommes. » Heureux celui qui entre ainsi dans la vie par les sommets ignorés du vulgaire, et ipn ne voit d'abord de Thumanité que les parties les plus belles et les plus pures! Heureux celui dont l'esprit, encore tendre , croît dans le silence et la solitude ! Sa pensée ne se dégrade point dans l'action ; il ne paye pas son expérience du meilleur de son âme. Comment ne Tenvierions-nous pas, nous, fils d'un siècle vieillissant et fébrile, dont le cœur est si vite usé par de si étranges épreuves ; obligés de disperser notre observation sur tant de sujets indignes ; livrés dès notre i)rintemps aux passions et aux affaires, aux dissipations du monde et aux violences de la place publique : condamnés à lutter sans cesse pour maintenir, contre les atteintes de tout genre, notre intégrité morale !

« Le beau parc mystique d'Issy, dit-il encore, a été, après la cathédrale de Tréguier , le second berceau de ma pensée. Je passais des heures sous ces longues allées de charmes, assis sur

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un banc de pierre et lisant. » Cette humeur tranquille, ce ^oût de l'étude et des recherches n'étaient pas sans inquiéter ceux de ses maîtres que leur foi passionnée, leur zèle ardent, leur nature d'apôtres rendaient particulièrement perspicaces; ils virent clair, avant lui, dans son àme . et devinèrent Tavenir. L'un d'eux, M. Pinault, professeur de mathématiques, le trouvant assis dans le parc , comme d'habitude , et occupé à lire le traité de Clarke sur r Existence de Dieu : a Oh ! le cher petit trésor, dit-il en s'approchant ; mon Dieu ! qu'il est donc joli là, si bien empaqueté! Oh! ne le dérangez pas. Voilà comme il sera toujours... Il étudiera, il étudiera sans cesse; mais, quand le soin des pauvres âmes le réclamera, il étudiera encore. Bien fourré dans sa houppelande, il dira à ceux qui viendront le trouver : ç Oh! laissez-moi! laissez-moi! » — Qu admirez-vous le plus, de la clairvoyance du maître, ou de labsolue franchise de l'élève, qui, sensible avant tout à la justesse , vient nous confesser, au bout de quarante ans, la prophétie qu'il a si bien réalisée? Un autre de

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ses professeurs, dont il a donné une image gracieuse et touchante (car ce grand peintre est à la fois un admirable paysagiste et un merveilleux portraitiste), son jeune professeur de philosophie, M. Gottofrey, pénétra encore plus avant dans sa conscience et l'éclaira tout à coup d'une lueur terrible.

La parfaite honnêteté de l'enseignement ecclésiastique, tel que Saint-Sulpice le donnait à cette époque , exigeait qu'on présentât les objections dans toute leur force, en pleine lumière. Cette grande bonne foi avait ses dangers, car ies réponses n'étaient pas toujours de taille à renverser l'argumentation contraire ; de sorte que peu à peu l'esprit moderne entrait au cœur de la place sous le pavillon de l'hérésie. Un jour donc que Renan avait poussé les objections avec vigueur, et que, devant la faiblesse des réponses, quelques sourires s'étaient produits dans la conférence, M. (iottofrey interrompit la discussion. « Le soir, il me prit à part. Il me parla avec éloquence de ce qu'a d'auti-chrétien la confiance en la raison, de l'injure que le rationahsme fait à la

foi... S'exaltant peu à peu, il me dit avec un accent passionné : « Vous n'êtes pas chrétien ! » Je n'ai jamais ressenti deffroi comme celui que j'éprouvai à ce mot prononcé d'une voix vibrante. En sortant de chez M. Gottofrey, "je chancelais ; ces mots : « Vous n'êtes pas » chrétien ! » retentirent toute la nuit à mon oreille comme un coup de tonnerre. »

Chrétien, il l'était encore sans doute, à la manière de Malebranche ; mais assurément, et sans qu'il le sût lui-même, il n'était plus catholique orthodoxe. Le fond de l'enseigneaient philosophique dissy était la scolastique cartésienne, à laquelle l'un des professeurs, M. Manier, mêlait les analyses psychologiques de l'école écossaise. Cette double étude fixa dans l'esprit de M. Renan certains principes de jugement et certaines idées dont il ne s'est jamais départi : Descartes lui apprit que la première condition pour trouver la vérité est de n'avoir aucune opinion préconçue ; et Thomas Reid lui- fit perdre toute confiance en « cette métaphysique abstraite qui a la prétention d'être une science en dehors des autres

sciences et de résoudre à elle seule les plus hauts problèmes de l'humanité ». On voit ici l'éclosion de cette idée qui doQiinera toute l'œuvre de M. Renan et qui lui inspirera une de ses plus belles pages, l'article magistral sur l'Avenir de la métaphysique. Ainsi, il n'a pas encore quitté la maison dlssy, et déjà la science positive est à ses yeux la seule source de vérité : « un éternel fieri, une métamorphose sans fin , lui semble la loi du monde ; la nature lui apparaît comme un ensemble où la création particulière n'a point de place, et où, par conséquent, tout se transforme... Dès lors, dit-il, j'étais idéaliste, et non spiritualiste , dans le sens qu'on donne à ce mot. » Idéaliste, avait-il jamais cessé de l'être? S'étaitil jamais arrêté au spiritualisme de Descartes ou à celui de Thomas Reid, si ce n'est pour leur prendre les éléments qui s'accordaient avec les tendances secrètes de son intelligence? Y eut-il un moment , une minute précise où l'on puisse dire qu'il ait été vraiment spiritualiste? Non, son idéalisme natif devenait l'essence de sa philosophie comme il avait été jusque-là

l'essence de sa religion ; c'était , dans un ordre différent, le même esprit. En somme, il n'avait jamais été chrétien que par l'imagination ; non seulement sa foi primitive n'était point l'œuvre de l'étude, mais elle n'était même pas un élan du cœur, une flamme, et le mot d'amour ne pourrait pas plus convenir à ce qui fut d'abord son état d'esprit à l'égard de Dieu qu'aux affections terrestres qu'il connut plus tard. Il avait reçu certaines impressions, certaines traditions; il n'était point guidé par une croyance , ni dominé par un sentiment. On conçoit comment cette foi, qui n'avait aucune racine dans les profondeurs de l'être moral, fut peu à peu arrachée de son cerveau par la réflexion et la logique. On peut dire que, même avant la révolution opérée en lui par la philologie, il était prêt pour la libre pensée : quand la science entra dans son esprit, elle ne s'y heurta ni à une doctrine philosophique ni h. une passion mystique; elle ne trouva devant elle que ces vapeurs matinales, dissipées au premier rayon. Son idéalisme l'avait enlevé à l'orthodoxie sans qu'il s'en doutât, avant que

la critique vînt lui donner les raisons de consommer la rupture.

Tel était M. Renan à la fin de son séjour à Issy, en 1843 (il avait dix-huit ans et demi). Certes, s'il avait tiré les conséquences de ce qu'il entrevoyait comme la vérité, il aurait admis dès lors que sa philosophie du devenir était inconciliable avec le catholicisme ; mais la critique lui manquait. « L'exemple de tant de grands esprits, qui avaient vu si profond dans la nature et qui pourtant étaient restés chrétiens, me retenait. Je pensais surtout à Malebranche. » En effet, il se trouvait à l'une des stations intermédiaires que l'auteur des Entretiens sur la métaphysique avait connues, et « où le p,rand oratorien avait su en son temps s'arrêter comme à mi-côte, y dressant ses tontes légères et ses magnifiques pavillons ^ ». Il n'avait pas encore touché h l'arche sainte, aux dogmes, aux textes sacrés; son christianisme, tout platonique et idéal, n'avait pas été entamé par la philosophie spiritualiste , qui, suivant une voie parallèle, ne

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