‹ FilmsChapitre 12 sur 48 · OCTAVE MIRBEAU · texte numérisé non relu

OCTAVE MIRBEAU

très à l'heure, le tour du monde en une douzaine de livres poignants, meurtriers, précipités et définitifs.

Cette vitesse finira en catastrophe. Un jour il déraillera, il écrasera complètement l'aiguilleur : M. KenéDoumic, le chef de gare : M. Eostand, l'homme d'équipe : M. Fagnet, le gardebarrière : M. Thureau-Dangin et tous les employés de l'Académie française.

Les wagons vides feront un grand bruit creux en s'effondrant et lui-même s'abîmera dans le carnage.

Quand on le mènera sous le hangar, à l'infirmerie, quand le temps en fera de la ferraille, il murmurera de tous ses morceaux :

— Un train ! j'ai été un train !

MADELEINE EOCH

Peut-être par inexpérience, car elle est jeune et par énergie, car sa beauté est robuste, Madeleine Bock écliappe-t-elle, sur la scène, à l'ordre intérieur de ses rôles. Mais si le théâtre clos la mesure, le théâtre de plein air la développe.

Les arènes, les temples, les horizons véritables, sont les décors qui la supportent le mieux. Elle est une guerrière indomptée, même dans ses gémissements et dans la douleur de ses cris.

Comme on a dit : la voix d'or de Sarah Bernhardt, on dira : la voix conquérante de Eoch !

Oui, sa voix, je songe à sa voix comme l'on pense à un fleuve.

Je ne m'écrie pas devant le Ehône : il y a quelques mauvaises herbes et quelques cailloux

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