‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 102 sur 157 · LA PRÉDICATION DE ROKTTSAHA · texte numérisé non relu

LA PRÉDICATION DE ROKTTSAHA

Bien que les Utraquiste^ n*eussent pas accepté toutes les exagérations puritaines desTaborites, ils avaient maintenu en Bohème» pendant les années de guerre, un régime assez austère. A peine les Compactats signés, Texaltation tomba, une certaine réaction contre Tascétisme légal se produisit. Les étrangers, les seigneurs, qui suivirent d'abord Sigismond \ plus tard Ladislas, scandalisèrent Prague par la facilité de leurs mœurs; nombre de Tchèques les imitèrent. Revanche ordinaire de la nature humaine ployée quelque temps à une discipline trop dure. Il s'y mêlait alors de plus quelque bravade : la corruption était orthodoxe et le libertinage protestait contre Thérésie.

Rokytsana se prit corps à corps avec Timpiété insolente, TindifTérence, les vices qui s'étalaient au mépris des lois. Il y apportait cette audace confiante du prédicateur, qui, représentant de Dieu sur la terre, cite à son tribunal les puissants et les serfs, les pauvres et les riches. « Ne faitesvous tort à personne? demandait-il aux barons, aux chevaliers. N'opprimez-vous personne ? Ne faites-vous violence à personne? Ne prenez-vous jamais à tort, injustement» un denier du pauvre *î » — On croit par moment saisir dans ses protestations indignées contre l'oppression et les souffrances du peuple un écho des colères démocratiques qui avaient soulevé les Taborites : «• Les paysans^ les pauvres diables doivent porter toute la chaîne; misérable, mange ton pain sec et bois de l'eau, pour donner à ton maître de quoi faire ripaille. Et Dieu laisserait cela sans vengeance ! Ah, Seigneur ! Non "^. » Mais ces opprimés sontils eux-mêmes si purs? Leurs malheurs ne sont-ils pas la juste punition de leurs fautes?Et le prédicateur les fouaille

peuvent cependant être consultés qu^avcc une certaine prudence : rien ne prouve en effet que la pensée du prédicateur n*ait pas été plus ou moins alicrée.

1. Sigîsinond rentre à Prague au mois d*août 1436, et dès le mois de sep> tembre« Rokytsana prêche avec beaucoup de véhémence contre le jeu de des, la débauche et autres péchés dont il attribue le progrès à la légèreté de la cour impériale. Tomek, Hist. de Prague, VI, p, à.

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